Avec sa carrière longue de deux décennies et 400 exemplaires vendus, le Dragonfly 800 – DF800 pour les connaisseurs – est assurément un des succès les plus remarquables dans cette catégorie des petits trimarans transportables. Près de 40 ans après son lancement, ce modèle reste très séduisant !
Infos pratiques
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Avec son rouf qui couvre toute la largeur du pont de sa coque centrale, le Dragonfly 800 reprend la recette de nombreux et fameux monocoques comme le Corsair ou le Catalina 22. A ceci près que, si le volume général habitable offert correspond à celui d’un monocoque de 6 ou 7 pieds de moins, les trampolines proposent à l’inverse une circulation bien plus facile sur le pont – sans parler du farniente ! Le design général du DF800 très typé eighties – rien de plus normal, puisqu’il a été lancé en 1984. On retrouve un pont parfaitement horizontal et un bandeau de couleur qui ceinture les hublots et entoure le rouf, conforme au look de très nombreux monocoques lancés à l’époque, et des tableaux arrière inversés et arrondis. Sous la flottaison, les coques sont fines, et les appendices évidement relevables. Le Dragonfly 800 a poursuivi sa longue et brillante carrière sous différentes versions : les MK1 puis MK2 sont dotés de bras de liaison fixes – mais tout de même démontables pour le transport et le stockage. En 1989, le chantier danois Quorning Boats lance le Swing Wing. Cette dernière version, diffusée à 143 exemplaires, adopte les fameux bras repliables, bien pratique pour limiter la largeur au port.

Les premiers modèles étaient démontables, mais pas encore repliables.
Potentiel de vitesse
Bien né, le DF800 a bénéficié des conseils de Paul Elvström himself lors de sa mise au point. Un lancement soigné qui a valu à ce petit trimaran d’exceptionnels résultats en course : en 1985, un 800 est même parvenu à s’imposer – dans sa classe – à la Round Britain Race. Et en 2021, le petit trimaran fait toujours parler la poudre, puisqu’un père et son fils sont parvenus à s’imposer en temps réel lors de la dernière édition de la Round Denmark, une épreuve de 650 milles rendue cette année particulièrement difficile faute de vent. Malgré un déplacement assez lourd et des flotteurs au volume modéré, le DF800 révèle d’impressionnantes aptitudes de vitesse et un caractère assez marin pour s’aventurer au large. Le gréement Racing, avec son mât rallongé d’un mètre et 20 % de surface de voile supplémentaire au près, est évidemment bien plus vif que la configuration Cruising, plus placide. Seule contrainte : limiter à tout prix la charge utile, ce qui n’est évidemment pas facile lorsqu’on pratique la croisière côtière.

Bien mené et équipé d’un beau jeu de voiles, le DF800 peut faire un malheur en régate.
Confort spartiate
La coque centrale, élargie au-dessus de la flottaison grâce à un redan marqué, parvient à caser un cockpit quasiment ouvert sur les trampolines latéraux. Ça se passe donc bien en largeur, mais l’imposante barre d’écoute cantonne le barreur à l’arrière. Quant à la longue jupe arrière ouverte, elle repousse le moteur et le pilote automatique… La cabine est sans surprise quelque peu spartiate. A l’intérieur, les aménagements se résument en effet à quatre couchettes, un bloc cuisine et quelques rangements. La table du carré peut s’abaisser ; coiffée d’un matelas ad hoc, elle complète une surface de couchage XXL. La hauteur sous barrot est évidemment réduite. On peut envisager la croisière à deux, éventuellement accompagnés de deux jeunes enfants, dans un confort qui tient logiquement du camping nautique.
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Les aménagements sont très simples, mais bien finis.
Conclusion
Le Dragonfly 800 est un excellent choix pour ceux qui souhaitent pratiquer la croisière côtière en été et/ou régater. Robuste, ce petit trimaran est accessible aux petits budgets – un premier multicoque idéal ! Ce modèle est très présent sur les plans d’eau de l’Europe du Nord et de l’Europe centrale, un peu moins ailleurs. On parvient parfois à en dénicher quelques-uns en Floride – avis aux amateurs basés aux Etats-Unis.
Les points à vérifier
On ne considérera pas un des premiers modèles âgés de près de plus de 35 ans avec les mêmes exigences que les derniers millésimes des années 2000. Les DF800 construits au cours de années 1980 réclameront sans doute une importante remise à niveau – gréement courant et dormant, moteur, accastillage, finitions intérieures, sellerie, électricité… – tandis qu’un modèle mis à l’eau en 2005 sera probablement prêt à naviguer dans d’excellentes conditions. Le prix demandé doit bien entendu tenir compte de l’âge du modèle, mais également du matériel récent éventuellement installé. Une bonne nouvelle : quelle que soit la version choisie – bras fixes ou repliables –, la structure Dragonfly appelle peu de critiques.
Les + :
+ Performances convaincantes
+ Prix attractif
+ Qualité de construction
Les - :
- Ergonomie du cockpit datée
- Volume intérieur limité

Fiche Technique
Constructeur : Quorning Boats
Architecte : Börge Quorning
Matériau : sandwich PVC/verre/polyester
Longueur : 8,00 m Largeur : 6,05 ou 6,05/2,90 m
Tirant d’eau : 0,30/1,40 m
Déplacement : 1,05 t
Voilure au près : 34 ou 41 m2
Grand-Voile : 20 ou 26 m2
Génois : 14 ou 15 m2
Motorisation : HB 4 à 8 CV
Production : 400 exemplaires de 1984 à 2005
Prix : à partir de 20 000 € HT

