Deux ans après avoir présenté au Grand Pavois de La Rochelle un trimaran de voyage résolument novateur de 50 pieds avec sa nacelle qui s’étend sur pratiquement toute la largeur de la plate-forme, NEEL Trimarans a lancé en 2012 un tout nouveau 45 pieds à un tarif bien plus attractif – le succès ne s’est pas fait attendre !
Infos pratiques
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Si le NEEL 50 a surpris en 2010 les amateurs de multicoques, c’est sans doute pour mieux défricher ce concept du grand multicoque de croisière affublé d’une imposante nacelle – digne de celle d’un catamaran. Le 45 bénéficie donc pleinement du rodage du 50, et c’est bien ce modèle apparu en 2012 qui lance le constructeur basé à La Rochelle sur la voie du succès. Le NEEL 45 a en effet connu un certain succès, puisque 26 exemplaires ont été construits. En 2018, le chantier a lancé, dans le sillage de son nouveau NEEL 51, une version baptisée Evolution. Ce 45 « plus » adopte des jupes à l’arrière de chaque flotteur, ce qui est bien pratique pour rejoindre le bord depuis un ponton ; jusqu’alors, seule la coque centrale était aménagée. Le bimini a également été rallongé vers l’arrière pour faciliter l’accès à la bôme. Une déclinaison « Performance » avec dérive centrale sabre et gréement carbone a également été proposée.

Le gréement du NEEL 45 propose à l’avant un génois XXL et une trinquette autovireuse de 20 m2.
Simple et efficace !
Le gréement retenu présente une classique grand-voile toute lattée et un grand génois – presque un gennaker – secondé par une trinquette autovireuse. On fonctionne donc sur un système de « tout ou rien » pour les voiles d’avant parfaitement adapté à la croisière au long cours – seul le virement sous génois est plus fastidieux. L’accastillage est simple et bien pensé, avec des points de tire fixes pour le génois et la trinquette, et un système de patte d’oie pour la grand-voile. Le réglage « chantier » du grand génois n’autorise pas un super cap au près, mais il y a moyen de faire beaucoup mieux avec un rentreur – ou quelconque système de réglage de point de tire. Une delphinière permet d’amurer un (vrai) gennaker ou un spi asymétrique. Le plan de pont ne joue pas dans la surenchère de surface en dur : à l’avant, les trampolines s’imposent entre les coques relativement fines. A l’arrière, le cockpit dessine un arrondi, dégageant ici encore les coques. Entre les deux, une circulation fluide circulaire à l’extérieur, avec juste deux marches de 10 cm sous les pieds, juste avant d’atteindre le cockpit. L’objectif, sur ce modèle, a été avant tout de contenir le devis de poids. Pour autant, de nombreux coffres extérieurs sont accessibles et les coques extérieures offrent encore 15 m3 chacune. Le poste de barre rehaussé se tient sur bâbord. Il offre une belle vue sur le plan d’eau, et toutes les manoeuvres y sont rassemblées. Le cockpit présente un passage central entre ses deux tables.

Le cockpit est divisé en deux zones identiques pour préserver un passage central bien dégagé.
Le principe de la galette...
La plate-forme se présente comme une galette de quelque 60 m2 ; la nacelle en occupe les trois quarts, et c’est ici que se concentre la zone de vie et même une bonne partie de la zone nuit avec deux cabinets de toilette et deux cabines avec une imprenable vue sur mer. Le plancher réalisé en nid d’abeilles est suffisamment haut pour coiffer un très vaste volume en fond de coque centrale dédié aux équipements techniques. L’entrée mène à une inhabituelle coursive qui fait office de cuisine – au milieu de ce trimaran, chaque cloison longitudinale se répartit les différents équipements : bloc évier à bâbord, zone de cuisson en face. On franchit ensuite un porque flanqué de deux épontilles et une marche pour rejoindre la zone la plus large : le carré est repoussé à l’avant tribord (tout comme le réfrigérateur et le congélateur), le coin navigation à l’avant bâbord. Le plan d’aménagement fonctionne parfaitement, mais paraît à première vue relativement cloisonné ; ce n’est pas pour rien que le nouveau NEEL 43 a opté pour une cabine ouverte sur bâbord et des hublots intégrés aux panneaux qui restent en place… La troisième cabine, plutôt étroite aux pieds même si elle parvient bien à offrir les 1,40 m réglementaires à la tête, occupe la pointe de la coque centrale. Les flotteurs ne sont pas réellement aménagés – certains modèles sont tout de même dotés de couchettes d’appoint seulement utilisables au mouillage. A noter : le rouf profite d’une isolation soignée avec 20 mm de mousse.

Le principe de la « plate-forme galette » qui coiffe trois coques fines prend tout son sens avec cette vue prise du mât !
Glisse au programme
En navigation, le NEEL 45 a prouvé son potentiel lors de nombreuses traversées, y compris en course – un exemplaire s’est même imposé lors de l’ARC 2015 dans la catégorie multicoques face à des catamarans bien plus grands. Ce trimaran se comporte déjà très bien par petit temps : il marche à 6/7 noeuds au près par 8 noeuds de vent. Dans la brise, les journées de 200 milles sont à sa portée. Eric Bruneel, fondateur et CEO du chantier, rapporte même des pointes à 21 noeuds. Comparé à la plupart des catamarans de croisière de budget équivalent, le NEEL 45 présente un réel agrément de barre, avec une très légère gîte (le dièdre des flotteurs est peu prononcé). Cette excellente glisse se retrouve au moteur, où le NEEL 45 atteint les 9 noeuds à 2 600 tours grâce à la finesse de la carène de sa coque centrale. En revanche, au port par fort vent de travers, les manoeuvres réclament un certain savoir-faire – ou un bon propulseur d’étrave.
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Le porque central et ses deux épontilles séparent les deux cabines, les toilettes et la cuisine, du carré et du coin navigation.
Conclusion
Lors de son lancement, ce modèle a fait beaucoup parler – pas si facile d’imposer un concept si novateur. Deux ans plus tard, une dizaine d’unités étaient déjà livrées.
Le NEEL 45 est certainement un des rares trimarans de croisière construit en (presque) grande série. Certes, la production reste limitée à une petite trentaine d’unités – au moment où nous écrivons ces lignes, deux exemplaires sont proposés à la vente.

Chaque cabine intégrée à la nacelle offre un vaste lit, de nombreux rangements et une belle vue mer.
Les points à vérifier
Ce modèle est encore très récent et ne souffre pas de défauts particuliers. Agés de 10 ans au maximum, les NEEL 45 sont des jeunes adultes en « âge bateau », et les équipements, à l’exception des voiles et peut-être de certains instruments électroniques, restent opérationnels. On a relevé parfois une finition un peu hâtive, des points de détail pour la plupart corrigés lors de la période de neuvage. Certains exemplaires ont été loués ; ceux-là sont susceptibles d’afficher quelques signes de vieillissement – les heures moteur valent parfois mieux qu’un long argumentaire. D’une manière générale, les propriétaires que nous avons rencontrés sont ou ont été satisfaits de leur monture.
Les + :
+ Concept séduisant
+ Excellentes performances
+ Plan de voilure efficace
Les - :
- Difficile de se passer d’un propulseur d’étrave
- Finitions parfois décevantes
FICHE TECHNIQUE
Constructeur : NEEL Trimarans
Architectes : Joubert, Nivelt et Mercier
Conception : Eric Bruneel
Longueur de coque : 13,40 m
Largeur : 7,84 m
Tirant d’eau : 1,20 m
Tirant d’air : 19,15 m
Déplacement : 8,50 t
Grand-voile : 60 m2
Génois : 46 m2
Trinquette : 20 m2
Motorisation : IB 55 CV Volvo
Carburant : 600 l
Eau : 300 l
Matériau : sandwich polyester
Production : 26 exemplaires de 2012 à 2020
Prix occasion : à partir de 300 000 € HT


