Remplacer le très réussi NEEL 51 n’était pas chose facile, mais le constructeur a appliqué la recette qui a prévalu pour le récent 43, c’est-à-dire confier le projet à Marc Lombard Design. Nous avons pu découvrir à La Rochelle, à l’occasion du Grand Pavois, un trimaran tellement séduisant qu’il a enregistré en quelques semaines une trentaine de précommandes !
Infos pratiques
- Le chantier : Neel 52
- La fiche technique
-
Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre NEEL 52
- Assuez votre NEEL 52
- Articles autour du NEEL 52
Conditions : 10 nœuds de vent, mer peu agitée
La feuille de route du NEEL 52 n’a pas été d’orchestrer une nouvelle révolution sur trois coques – le concept NEEL, avec sa large plate-forme et la possibilité de profiter d’une cabine Propriétaire de plain-pied, y pourvoit déjà et semblerait même faire des émules avec le Rapido 53XS –, mais d’apporter plus modestement une touche de modernité au design, plus de lumière à l’intérieur, une ergonomie du cockpit améliorée et un petit coup de boost, l’air de rien, en matière de performances.
Un plan de pont épuré
On perçoit dès qu’on monte à bord que l’accès depuis le quai ou le ponton a fait l’objet de toutes les attentions, et ce tout particulièrement sur les flotteurs, lesquels ménagent une vaste zone dégagée, sans plat-bord à enjamber. L’arrière de la coque centrale dispose d’un ber intégré capable d’accueillir une annexe de 3,40 m et son moteur de 20 CV. Un système de relevage par balancine plus patte d’oie sur le dinghy est évidemment prévu. Une marche suffit à atteindre le niveau de plain-pied, c’est-à-dire celui qui relie le cockpit à la nacelle – et donc à la fameuse cabine Propriétaire, comme nous le verrons plus tard. On découvre sur bâbord une table de 108 par 115 cm et une banquette en L dont un des dossiers est réversible. Côté tribord, il reste une grande surface à tout faire sous le poste de barre – on y accède en cinq marches. Encore trois marches et vous voilà au solarium – je préfère l’appeler comme ça plutôt que flybridge, car la bôme reste relativement proche. Sur le rouf, on peut faire poser des panneaux solaires – jusqu’à 1 846 Wc. Les passavants, quant à eux, sont accessibles en quatre marches depuis le cockpit. A tribord, une marche de plus et on dispose d’un second accès vers le poste de barre. Les passages sont larges – jamais moins de 57 cm – et sécurisés par un jeu de filières assez hautes. A l’instar de la plupart des multicoques du marché, le NEEL 52 affiche une copieuse liste d’options à même de personnaliser à votre guise ou presque votre trimaran. Un seul regret : les mains courantes du rouf font partie de ces options. Pour ma part, je préférerais que ces éléments basiques de sécurité, même s’ils ne sont pas obligatoires, fassent partie de l’inventaire standard. Les panneaux de pont sont tous flush, ce serait parfait s’ils étaient un peu moins souples. L’avant du pontage rappelle bien que nous sommes à bord d’un trimaran, puisque le pontage en dur se contente de coiffer, uniquement pour partie, la coque centrale ; les trampolines sont donc relativement grands. Un panneau de pont tout à l’étrave ferme la baille à mouillage. Un guideau de 1 700 W gère l’ancre et sa chaîne. La grande delphinière en composite permet de déporter efficacement le point d’amure des voiles de portant tout en intégrant l’ancre.
Un trimaran qui en a sous les ailerons !
Les manœuvres de port pourraient paraître plus ardues qu’à bord d’un catamaran doté de deux moteurs, mais au final, on dispose tout de même de 110 CV sous la manette des gaz et d’un propulseur d’étrave, ce qui garantit une évolution aisée à maîtriser.
Tout l’équipage à bord a hâte de jauger les performances du 52 ; la nouveauté se veut en effet un peu plus rapide que le 51. Les coques sont légèrement plus fines et les brions émergent largement de l’eau. La construction en sandwich mousse/verre/époxy réalisée en infusion permet de tenir un devis de poids serré – le déplacement gagne 500 kg – et l’option grand-voile à corne se solde par un gap de 2 m2 de surface de voilure au près. Sans adopter un double turbo, le 52 présente tout de même l’intérêt de faire mieux, à commencer sur le papier, que son prédécesseur. Son ratio voilure/poids s’établit à 12,81 m2/t, là où la plupart de ses concurrents à deux coques peinent à dépasser 10.
Les voiles sont rapidement établies. Les manœuvres s’opèrent depuis le poste de barre surélevé à tribord grâce à trois winches. De là-haut, le barreur a une bonne vision sur les voiles et le plan d’eau. C’est d’autant plus vrai qu’on ne dispose pas sur le NEEL 52 #1 de protections de poste de barre, comme c’est le cas pour la coque #2. Notre Capitaine du jour, Brieuc Maisonneuve, directeur commercial de la marque, est un homme de la course au large : pas question de s’en tenir à des réglages approximatifs de rails de génois ou de tensions des palans d’écoutes de grand-voile gréés en patte d’oie (laquelle va sensiblement gagner en écartement). Ces réglages fins permettent de constater qu’il manque des filoirs en amont des winches pour éviter le surpattages de certaines manœuvres – des détails aussitôt corrigés par le constructeur. Les virements s’enchaînent facilement, et on sent que l’aileron central est suffisamment profond pour officier aussitôt comme plan antidérive efficace.
De fait, nous remontons au vent à 50° du vent réel – établi à peine à 10 nœuds – à 5,5 nœuds constants au GPS. On apprécie le toucher de barre à la fois direct sur la trajectoire mais souple en termes de sensations.
L’agrément général est encore amélioré par la légère gîte. Les anciens accros au monocoque apprécieront, même si on reste au vent ou sous le vent suivant l’amure sans possibilité de se repositionner puisqu’on ne dispose que d’un poste de barre. Les conditions du jour offrent une mer peu agitée, mais le soin apporté au centrage des poids laisse augurer un comportement très marin dans la mer formée.
Sous spi asy, nous atteignons sans difficulté 8 nœuds.
Les polaires promettent de dépasser les 10 nœuds dès 14 nœuds de vent (100 à 110° du vent), 16 nœuds dès 25 nœuds de vent, et même 19 avec 30 nœuds. On parle de mer plate : Brieuc a atteint 17 nœudsà la faveur d’une rafale à 20 et d’un fond de houle lors d’un essai cet hiver.
Le cockloon ? On ne s’en lasse pas…
Voilà quelques années que le constructeur nous vante son concept cockloon – contraction de cockpit et saloon. L’idée est de fondre l’espace extérieur et la nacelle grâce à deux artifices : tout d’abord, une baie vitrée qui ouvre « vraiment » (ici 1,97 m de hauteur et 3,03 m de largeur) et un mobilier en continuité. La banquette tribord est de fait juste interrompue par le montant arrière du rouf et les deux tables peuvent n’en faire qu’une grande grâce à un panneau sur charnières. Dans le carré, la hauteur sous barrot est de 2,02 m. D’entrée, le niveau de finition général est nettement supérieur à celui du 51. A bord de ce #1, il y a bien quelques mini bricoles à signaler – un ajustement de boiserie à reprendre par ici, une porte qui ferme mal par là ; mais il s’agit de broutilles qui seront reprises en quelques heures de SAV – et surtout qui auront disparu sur les prochains 52. On apprécie également la grande surface vitrée de la nacelle – et bien sûr, la vue panoramique qui va avec. A bâbord, le carré laisse le champ libre vers l’avant pour une vaste table à cartes orientée face à la marche – un vrai bureau comme j’aime !
A tribord, on découvre une cuisine en « U cassé » gigantesque. Cette configuration sera particulièrement appréciée au large, où le cuistot sera toujours parfaitement calé. Plus près du cockpit, une porte mène à la suite Propriétaire avec un lit de 2 x 1,60 m. Un bureau, un dressing et les toilettes sont aménagés dans la coque, un peu plus bas. Deux autres cabines sont aménagées dans la coque bâbord ; la quatrième, qui se niche à l’avant de la coque centrale, sept marches plus bas, manque un peu d’aération. D’un autre côté, tout hublot de coque laissé ouvert dans cette zone si proche de l’étrave lors d’une navigation se solderait par une sacrée inondation… Ne riez pas, ça arrive à des gens très bien… Notre coque #1 compte donc 4 cabines, mais il est possible de revoir toute cette organisation, y compris de faire l’impasse sur la cabine de plain-pied pour récupérer une nacelle XXL.
Conclusion
Design racé, plaisir de barre immédiat, possibilités d’aménagement aussi variées que séduisantes, tarif contenu par rapport à ses concurrents (en tout cas sans les options) : le NEEL 52 est une incontestable réussite. Il conforte même l’intérêt de son concept originel – trois coques coiffées d’une large plate-forme –, au point qu’un futur Propriétaire désireux de s’offrir un multicoque de 50 à 55 pieds lorgnera forcément, lors de ses recherches, sur ce modèle. On dirait bien que la marque NEEL, même s’il elle ne compte que 13 ans d’existence, a atteint avec ce 52 une forme de maturité.
Agrément de navigation
Possibilités d’aménagement séduisantes
Mains courantes en option
Peu d’aération de la cabine avant
Descriptif technique
Architectes : Marc Lombard Yacht Design
Longueur : 15,90 m
Largeur : 8,80 m
Tirant d’eau : 1,90 m
Tirant d’air : 24,10 m
Déplacement lège : 13,5 t
Grand-voile : 97/102 m2
Génois : 71 m2
Motorisation : 110 CV Yanmar
Carburant : 780 l
Eau douce : 630 l
Tarif : à partir de 999 000 € HT en version 4 cabines
Principales options en € HT :
Pack Essentiel Essential : 53 500
Pack Premium : 72 500
Gréement Performance : 135 000
Pack Electronique B&G : 25 500
Pack sécurité : 2 790
2 radeaux de survie (8 + 6 personnes) : 4 050
Accastillage de spi : 3 300
Spi asy : 7 839
Teck synthétique cockpit et jupes : 15 030
Tente de cockpit amovible : 6 800
Bimini barreur : 5 200
Cuisine extérieure : 9 800
Mains courantes rouf : 2 920
Batyline occultante extérieure de vitrage : 2 000
Générateur 11/12 kW : 28 000
Climatisation : 56 980
Chauffage chaudière Webasto à eau : 16 200
Dessalinisateur 24 V 100 l/h : 15 200
Panneaux solaires avant rouf 364 Wc : 7 560
Panneaux solaires côtés rouf 1 482 Wc : 18 000
Cave à vins : 3 200
Batterie lithium (plus-value pour 4 batteries, soit 736 Ah) : 33 911
Annexe Highfield 3,40 m + HB 20 CV : 10 668
Mâtage, mise à l’eau et mise en service à La Rochelle : 12 000





