Présenté en avant-première au Grand Pavois à La Rochelle, le Treasy 4.0 a fait aussi forte impression qu’il est petit. Nous avons pu tester pour vous ce multicoque miniature particulièrement accessible… et amusant !
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Conditions : vent de 5 à 12 nœuds de vent, mer plate
Rendez-vous a été pris sur la plage – le petit engin qui nous intéresse aujourd’hui n’a en effet rien à faire dans l’enceinte du port des Minimes tout proche – au cœur de l’espace fraîchement renommé « Grand Pavois Beach ». Ici se côtoient tout ce qui glisse et l’univers de la voile légère. Le Treasy 4.0 promet d’être facile à repérer au sein des paddles, kites et autres catamarans : les trimarans comme lui, qui pèse moins de 100 kg, ne sont pas légion ! Nous devrions préciser « ne sont plus », parce qu’il y a 20 ans, le Magnum 21 se vendait à 400 exemplaires.
D’autres constructeurs ont depuis tenté l’expérience du mini-trimaran, à l’instar d’Astus Boats avec son 14.5 déclinable en prao, mais sans renouer avec les grands succès des années 2000. Selon nous, la formule est boudée à tort et mérite d’être relancée ; bienvenue donc au Treasy 4.0 ! Ce nouveau modèle a été dessiné et est construit par Emilien Faurens au sein de son chantier Faursail, basé à La Tremblade. D’ordinaire, les productions de l’architecte/constructeur sont des (petits) bateaux à l’unité, mais le multicoque qui nous intéresse, réalisé en polyester, est proposé en série : on conserve les bouchains communs à tous les modèles de Faursail, mais cette fois, les coques sortent bien de moules. Précisons qu’Emilien, soucieux de proposer un voilier rigide mais facile à réparer, a opté pour une réalisation en monolithique avec du tissu de verre biaxial. Dans une démarche de prise en compte de l’impact environnemental, une résine biosourcée à 25 % va être testée.
Afin de limiter les coûts, Emilien n’a pas hésité à utiliser des éléments provenant de catamarans de série. Le safran et le système de barre sont ainsi empruntés au Topaz 12, tout comme une bonne partie du gréement – mât et grand-voile (un peu augmentée). Quant au foc, il provient d’un SL15.5. Le constructeur encourage également l’utilisation de gréements de planches à voile dont disposeraient ses clients.
Démontable et transportable
Le Treasy 4.0 se présente comme la réduction d’un trimaran de course avec une tonture de pont prononcée sur les trois coques, des étraves droites puis inversées, et surtout les bras de liaison surélevés. D’entrée de jeu, le design est séduisant ; seuls les stickers du pontage avant mériteraient mieux. Mais attention, qu’on ne s’y trompe pas : si ce petit trimaran compact et léger joue le sportif, il a bien été conçu par Emilien comme un multicoque tolérant tout à fait adapté aux débutants. Sur la plage, le Treasy peut être porté par 3/4 personnes. Cela n’est pas nécessaire pour nous, puisque nous disposons d’un chariot de plage qui soutient la coque centrale – le multicoque peut ainsi être aisément remonté sur une cale ou sur le sable. Sur la route, il peut être remorqué sans démontage à peu près partout dans le monde – il respecte le restrictif gabarit routier européen de 2,55 m – sur une simple remorque de jet-ski. Le Treasy peut également être démonté ; il suffit de démâter (ce qui est faisable seul), de désolidariser les ailes de cockpit, la traverse arrière, puis d’encastrer les bras de liaison avant – dont la section est carrée – dans la coque centrale. En « pièces détachées », le petit trimaran rentre quasiment dans un van (le coffre reste ouvert).
Pour marins débutants comme confirmés
Gréer est une simple formalité ; toutes les manœuvres se concentrent au pied de mât à l’exception du palan de grand-voile, repris sur une patte d’oie à l’arrière. Simple et éprouvé. Pour s’éloigner sereinement du rivage, il suffit de gérer l’enfoncement de la dérive sabre au milieu de la coque centrale. Si le pontage des coques est étroit, le cockpit, lui, parvient à prendre ses aises en largeur grâce à des ailes rigides – un tout petit peu trop souple pourtant – qui remplacent les traditionnels trampolines. La possibilité de s’installer confortablement sur les ailes rigides est très appréciable, d’autant que cette position permet d’assurer un rappel – ou au contraire de générer de la gîte – de façon très efficace.
En termes de performances, le Treasy 4.0 se mènera idéalement seul – mais le trimaran supporte aisément deux adultes. Notre essai avec un vent plutôt faible a bien confirmé que les vraies sensations de glisse étaient plutôt réservées à un équipage… solo. Un constat plutôt logique compte tenu du gabarit de l’engin. A la faveur de quelques bonnes risées un peu plus fortes que les autres, je suis parvenu à tutoyer les 10 nœuds. A l’instar de tous les voiliers légers, le positionnement de l’équipage est primordial – par petit temps, il est préférable de s’avancer au maximum dans le cockpit. Par 10 à 15 nœuds de vent, on ne dépassera pas les 15 nœuds de vitesse selon Emilien ; mais par bonne brise, l’architecte/ concepteur nous promet 12 nœuds au près, et de flirter avec les 18/ 20 nœuds au débridé. Et ce n’est pas terminé, puisqu’un bout-dehors est en cours de mise au point de manière à gréer un petit gennaker ou un spi asymétrique.
Conclusion
Ce petit trimaran est en mesure de séduire les particuliers, mais aussi les écoles de voile ou encore les hôtels en bord de mer qui souhaitent renouveler ou diversifier leur flotte : bref, le Treasy 4.0 devrait plaire à tous en offrant des sensations fortes en toute facilité. Au-delà de ces qualités intrinsèques évidentes, ce multicoque de poche se présente avec un argument choc : son tarif particulièrement attrayant.
Facile à mettre en œuvre et à manœuvrer
Prix très attractif
Ailes du cockpit à rigidifier
Descriptif technique
Longueur : 4,00 m
Largeur : 2,55 m
Déplacement : 95 kg
Grand-voile : environ 7 m2
Foc : environ 4 m2
Spi/gennaker : en phase de test
Catégorie : D2
Prix : 7 167 € HT sans voiles ni gréement
7 917 € HT avec voiles et gréement d’occasion
9 167 € HT avec voiles et gréement neufs
www.faursail.com