Le plus petit des Tricat reprend les recettes de ses aînés, avec des bras en composite qui se replient vers l’arrière…, mais conserve la coque centrale de l’Access 6. Le tout assorti d’un gréement sport. Sacré cocktail pour un tri de poche !
Infos pratiques
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Le programme de ce petit trimaran rejoint bien sûr celui de l’Access 6, qui reste au catalogue. Il s’agit donc d’offrir un multicoque familial facile à mener, à monter et à transporter. Mais les performances reprennent le dessus : fini les simples tubes en alu télescopiques, les ailerons et la grand-voile éventuellement débarrassée de sa bôme. Le Tricat 20, construit selon le procédé de l’infusion en sandwich verre/PVC, est le digne petit frère du 25 et du 30. Malgré son petit gabarit, il est capable d’accueillir deux adultes. Le mouton à cinq, non, à trois pattes ?
L’architecte maison Jack Michal a privilégié des flotteurs très longs et plus volumineux. C’est le secret de la puissance, et donc des performances. L’étrave cassée – la partie supérieure est franchement inversée – donne à ce trimaran un look de coureur. Deux dérives en carbone remplacent les ailerons fixes de l’Access. La coque centrale, quant à elle, reste fine à la flottaison grâce à un redan qui court pratiquement de l’étrave au tableau arrière.
Un potentiel de vitesse impressionnant
Le gréement autoporté dispose d’un étage de barres de flèche. Une paire de bas-haubans est reprise sur la coque centrale, de façon à maintenir le mât en place lors des opérations de repliage des flotteurs. Une opération qui prend deux minutes par côté, pas plus. Deux galhaubans sont frappés sur les flotteurs ; un palan permet de reprendre la tension. La grand-voile à corne est vite hissée, le foc déroulé… et c’est parti pour l’éclate. Il suffit de 10 nœuds de vent pour goûter à de longs runs, enivrés à point par le chant des appendices à haute vitesse. Car les pointes à plus de 15 nœuds sont légion. Bout-dehors sorti, gennaker déroulé, on passe le turbo, ça glisse encore plus vite. Mais la barre reste imperturbable, toujours légère. Un débutant peut prendre les commandes, sans aucun risque, tant le Tricat 20 est sain et réactif. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait pendant cet essai : une jeune ado de 13 ans a barré le Tricat pendant de longs bords, enchaînant les manœuvres ; le 20 vire sur place sans réclamer son foc à contre, empanne sur un rayon relativement court malgré l’angle de barre limité par l’ouverture arrière du tableau arrière. Un vrai vélo ! Dans le clapot, les mouvements sont un peu secs : normal, ça va plus vite, c’est plus léger, et les trois coques sont bien obligées de se mettre d’accord pour saluer les vagues. Mais les carènes fines ne tapent pas. Et les bras, plus hauts que les tubes de l’Access, restent au-dessus de la mer. Côté motorisation, notre bateau d’essai était équipé d’un petit hors-bord électrique. Un choix pertinent pour une unité qui démarre dès la première risée.
Grand cockpit, grands trampolines, mais passavants riquiqui
Grâce au redan marqué, le cockpit affiche une largeur remarquable pour un trimaran de cette taille. Il est en plus suffisamment long pour accueillir tout l’équipage sur le même bord. Les enfants pourront même prendre leurs aises dans les trampolines. Une bonne surprise, même à haute vitesse : le Tricat 20 ne mouille pas beaucoup. Quelques gifles d’embruns peuvent s’inviter à bord ; elles sont le plus souvent stoppées par le rouf, assez volumineux pour faire office de protection. Côté manœuvres, tout est simple et efficace : sur chaque bord, les écoutes de foc sont mouflées. La barre d’écoute de grand-voile sur la poutre arrière supporte un puissant palan. Les écoutes de gennaker sont reprises sur des winches – des 6, un poil trop justes par bonne brise. Toutes les autres manœuvres restent au pied de mât, directement accessibles depuis la descente. En arrière du mât, les déplacements sont faciles et sûrs grâce aux trampolines. En revanche, gagner la plage avant est plus périlleux : le rouf est très haut, on l’a vu… et les passavants minuscules. Pas de mains courantes, ni de cale-pieds. Mais a priori, à part les opérations de mouillage, on n’a rien à faire à l’étrave.
Confort rustique pour le raid
A l’escale, pas de baille à mouillage. On stockera un mouillage léger sous la descente ou dans le coffre arrière. Et le tirant réduit du Tricat, associé à son déplacement léger, autorise toutes les astuces, comme celle de s’amarrer à une souche… Les défenses et les aussières se glissent dans les coffres latéraux du cockpit. Pour s’amarrer, le chantier a prévu un taquet et deux chaumards à l’étrave, deux taquets à l’arrière (option). Le cockpit est ouvert très bas sur l’eau. Les enfants se glisseront sous le bras de liaison arrière, les plus grands l’enjamberont. La petite échelle de bain pivotante est bien placée. Mais c’est encore une option…
La petite cabine abrite tout juste deux personnes. L’impression de volume n’est plus mise à mal par la cloison verticale de la baille à mouillage présente à bord de l’Access 6, à l’aplomb du mât. La hauteur sous barrot est de 1,43 m, une valeur plutôt généreuse pour cette taille de bateau. Une tablette et un carré de matelas permettent de transformer le mini carré en couchette double. Les deux banquettes latérales, longues de 1,30 m, conviennent à deux jeunes enfants. En option, le chantier propose un réchaud. Un confort spartiate, mais néanmoins suffisant pour envisager le raid côtier par beau temps. Possibilité également d’installer une ou deux tentes sur les trampolines.
Conclusion
Notre trimaran de poche, reboosté par ses flotteurs plus volumineux, ses dérives sabres et son plan de voilure plus puissant, revisite le programme de raid en famille des petits multis peu ou pas habitables comme le bon vieux Magnum 21 – qui reste une sacrée référence.Le Tricat 20 est un excellent support pour la navigation décontractée à la journée, mais aussi pour le raid côtier… et pourquoi pas la régate ?
Les plus :
Trimaran facilement repliable
Performances excellentes
Habitabilité correcte pour un trimaran de seulement 6 mètres
Les moins :
Sensiblement plus cher que son concurrent immédiat, l’Astus 20.5
Winches sous-dimensionnés
Passavants étroits
Les concurrents :
Astus 20.5 5,95 m 25 900 € TTC
Pulse 600 6,00 m NC
Fiche technique
Longueur hors-tout 5,99 m
Longueur de coque 5,99 m
Longueur à la flottaison 5,95 m
Largeur 2,40/4,50 m
Tirant d’eau 0,30 /1,20 m
Poids 580 kg
Voilure au près 24,50 m2
Grand-voile 16,50 m2
Foc 8 m2
Gennaker 16 m2
Spi 28 m2
Moteur 3,5 CV
Architectes Jack Michal et Antoine Houdet
Catégorie CE C5 / D6
Constructeur Tricat
Année de lancement 2018
Prix standard : 36 900 € TTC
Principales options :
Version Sport avec mât rallongé carbone, voiles Mylar, palan 8 brins : 9 780 € TTC
Pack Croisière : 6 200 € TTC
Gennaker sur emmagasineur : 1 890 € TTC
Accastillage spi et bout-dehors : 680 € TTC
Remorque de route freinée : 3 850 € TTC
Moteur 4 temps 3,5 CV arbre long : 990 € TTC