Spécialiste depuis 2002 du trimaran repliable de moins de 30 pieds, Tricat a donc remplacé son valeureux 25 par le très attendu 8.50. Toujours repliable, bien sûr, le nouveau modèle est logiquement bien plus moderne que son prédécesseur, ajoutant également une touche de confort et d’agilité. Nous avons pu le tester dans le golfe du Morbihan, à seulement 10 km de là où il a été construit…
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Conditions : 0 à 15 nœuds de vent, mer plate
Après son séjour à La Grande-Motte en avril dernier pour sa présentation en avant-première mondiale, le Tricat 8.50 #1 s’est aventuré jusqu’aux îles d’Hyères avant de revenir logiquement par la route « à la maison » – c’est-à-dire à Pescop, au nord de Vannes. Mais François-Xavier Tillier, le nouveau patron du chantier, n’a pas attendu longtemps avant de remettre à l’eau son trimaran à Arradon, au cœur du golfe du Morbihan. Contrairement aux conditions particulièrement musclées qui avaient prévalu lors de notre précédent essai du Tricat 6.90 – c’était il y a 4 ans –, la météo pour notre test s’annonce bien moins agitée.
Je (re)découvre le trimaran tout au bout de la jetée ; même vu de haut, le 8.50 fait déjà « gros multicoque », une impression sans doute renforcée par sa largeur imposante (6,50 m tout de même !) et le mât laqué noir dont la section est déjà respectable.
Dérives sur les flotteurs, safran sur la coque centrale
Sur le plan architectural, on note le volume très important des flotteurs et les redans marqués de la coque centrale qui parviennent à préserver une largeur réduite à la flottaison. Les dérives sabres sont solidaires des flotteurs tandis que l’unique pelle de safran (pivotante) est greffée au tableau arrière de la coque centrale. Malgré le potentiel évident de ce nouveau modèle, le but n’est donc pas de naviguer « sur une patte » faute de perdre tout contrôle de la trajectoire. Le constructeur propose d’ailleurs des versions Family et Croisière et un pack Sport – et non l’inverse !
Le plan de voilure, bien centré, est relativement puissant : 52 m2 au près pour un déplacement lège de 1,95 t, cela donne un très flatteur rapport voilure de 26,67 m2/t.
Depuis le ponton, j’accède à bord via le flotteur tribord puis le trampoline pour rejoindre le cockpit. Rien à voir évidemment avec celui d’un catamaran ; ici, ce sont plutôt les standards d’un monocoque sportif qui sont en vigueur, avec une assise sur chaque bord, une grande barre d’écoute tout à l’arrière et une jupe arrière (exploitable côté bâbord, le moteur étant positionné à tribord). L’accastillage, simple mais très efficace, se concentre à l’arrière du rouf. Un système 3D permet de régler parfaitement le génois.
Quant au capot de descente, il dispose de 3 positions et peut être complété par une capote et un taud de soleil. Les déplacements vers l’avant se font très facilement grâce aux trampolines qui débordent le cockpit. Les passavants, très étroits jusqu’aux cadènes, s’élargissent vers la plage avant. Les équipements de mouillage (guindeau, davier) sont proposés en option par le constructeur, mais la baille pour accueillir l’ancre et son câblot et bien là.
Lumière généreuse et volume respectable
A l’intérieur justement, grâce à deux paires de redans, le 8.50 parvient à offrir une hauteur sous barrot plutôt correcte de 1,82 m et un volume respectable. On peut compter sur des vraies couchettes, une cuisine fixe, des toilettes, et de multiples rangements astucieux – je devrais plutôt écrire « malin », pour ne pas trop spolier l’Astus 26.5, LE concurrent dont la sortie est imminente ! Chez Tricat, on assume une finition pratique, fonctionnelle et d’ailleurs pas forcément proposée en standard. La philosophie du constructeur n’a rien à voir avec celle de Quorning Boats (Dragonfly) ; le chantier de Plescop fondé par Antoine Houdé a depuis toujours revendiqué le dépouillement, la performance… un esprit camping, en quelque sorte ! « Chez Tricat, tout est pratique, s’amuse François-Xavier, il n’y a aucune chose qui ne serve à rien. » La plupart des apparaux de confort sont donc disponibles sur le catalogue des options.
Grâce aux grands hublots latéraux la lumière naturelle est généreuse. Chaque banquette mesure 2,07 m de longueur sur 50 cm de large.
La fameuse table à tout faire (navigation, bureau, repas…) déjà vue sur le 6.90 reprend sans surprise du service ; le grand plateau mobile de 90 x 58 cm est même équipé de fargues. Le système mériterait d’être un peu plus rigide ; en revanche, on apprécie qu’il soit possible de l’installer à l’extérieur.
Contre la cloison structurelle qui rejoint l’épontille, la cuisine se scinde en deux blocs ; plan de travail, frigo à tiroir et évier à bâbord, plaque feu à tribord.
L’échelle de descente avec ses trois marches est particulièrement intelligente, puisqu’elle peut faire office de siège supplémentaire et pivote sur bâbord pour libérer l’accès à la couchette double (2,00 m de longueur par 1,05 de large. La partie arrière s’encastre sous le cockpit, mais il reste tout de même 0,64 m de hauteur à l’avant.
A l’avant, une petite salle d’eau est installée en coursive. A bâbord, un « coffre de confidentialité », comme l’appelle François-Xavier, cache en réalité un WC avec vue mer imprenable. Le couchage de la cabine avant fait 2,07 m de long, 1,50 m de large à la tête et 0,47 m aux pieds ; il est équipé d’un sommier à lattes et recouvre un vaste volume de stockage.
Nerveux sans être volage
Nous voilà prêts à appareiller. Le programme de notre sortie ? Rejoindre une des innombrables îles du golfe pour beacher – nous profitons du début de la marée montante et espérons gagner un peu plus tard de belles sensations de glisse sur eau plate si le vent daigne se lever. Car pour l’heure, nous sommes posés sur un miroir. Le moteur hors-bord de 15 ch offre une excellente maniabilité et une vitesse à fond de 7,4 nœuds. Un seul bémol : il y a beaucoup de vibrations à bord.
A peine avons-nous décidé de reprendre la mer que le vent rentre enfin du sud-ouest ; la brise fait d’abord un peu sa timide à 4 nœuds, puis se stabilise à 8 nœuds. François-Xavier ne cache pas sa satisfaction. Bien concentré à la barre et sur les manœuvres, il parvient sans peine à lancer son Tricat a près de 7 nœuds au travers : « Le trimaran est tellement nerveux que le moindre réglage se traduit par une réaction franche, c’est un vrai bateau-école ! » Précisons que, si nous ne disposons pas de gennaker, le jeu de voiles All Purpose en membrane fait le job. Bien appuyés sur la dérive sous le vent, nous parvenons à caper à 35° du vent réel. La conjonction d’une légère gîte et d’une barre un poil ardente rappelle évidemment des sensations que certains apprécieront. Nous sommes à un peu plus d’un mille du port d’Arradon quand soudain les gros nuages qui encombraient le ciel à l’est semblent déborder au-dessus du golfe. Bientôt, de grosses gouttes tièdes s’écrasent sur le rouf ; on se croirait sous les tropiques ! Le vent tourne brusquement plein ouest et monte à un peu plus de 15 nœuds. Le Tricat démarre aussi sec et nous gratifie de belles accélérations au fil des risées, mais François-Xavier semble un peu frustré : « On devrait aller plus vite », assure-t-il. De fait, en visionnant plus tard les rushes de ma GoPro, je découvrirai qu’un joli paquet d’algues s’était accroché à la dérive sous le vent ; notre run à 9/10 nœuds a sans doute été ralenti de 2 bons nœuds ! Ces quelques minutes de navigation un peu plus sportives sont restées sereines ; à aucun moment, nous ne nous sommes sentis dépassés par la machine. A l’évidence, le Tricat 8.50 n’attend que de la bonne brise pour lâcher les chevaux et, pourquoi pas, s’offrir des pointes à 20 nœuds ou plus…
Conclusion
Alors, un Tricat 8.50, pour quoi faire ? La charge utile annoncée est de 250 kg, ce qui peut limiter les programmes semi-hauturiers autorisés par la certification CE en B, surtout avec un équipage de 3 ou 4 personnes. En revanche, aucune restriction pour le cabotage côtier rapide et fun. La possibilité de repliage permet de fréquenter des petits ports comme on en trouve beaucoup en Europe du Nord. L’opération qui ne prend que quelques minutes permet de limiter la largeur du Tricat à 2,95 m, même si la longueur, elle, augmente de 1,45 m en raison des flotteurs qui reculent. Ce gabarit qui reste compact permet de profiter d’un tarif portuaire avantageux et donc de fréquenter toutes sortes d’infrastructures – même celles qui ne sont pas encore multifriendly !
Agrément en navigation
Largeur limitée replié
Beaucoup de vibrations au moteur
Manque de rigidité du système de fiixation de la table
Descriptif technique
Architecte : BE Tricat/Jack Michal
Longueur déplié/plié : 8,50/9,95 m
Largeur déplié/plié : 6,50/2,95 m
Déplacement lège : 1,95 t
Tirant d’eau : 0,45/1,50 m
Grand-voile : 34 m2
Génois : 18 m2
Code 0 : 36 m2
Spi asymétrique : 67 m2
Motorisation : hors-bord 6 à 15 ch
Catégorie CE : B4/C6
www.tricat.com
Prix
Tricat 8.50 Standard : 136 492 € HT
Tricat 8.50 Family : 146 575 € HT
Tricat 8.50 Croisière : 161 242 € HT
Principales options en € HT
Pack Sport : 6 119
Pack Electronique : 6 097
Réfrigérateur : 1 925
Table à cartes mobile : 733
Eau chaude : 2 661
Panneau solaire 80 Wc sur flotteur + batterie AGM 60 Ah : 845
Circuit 220 V : 1 742
Capote : 2 172
Revêtement Deck-King dans cockpit : 1 701
Moteur 10 ch arbre super long et équipement : 6 043
Accastillage de spi complet : 845
Code 0 sur emmagasineur : 2 924
Prix du modèle essayé : environ 180 000 € HT





