Il s’agit de foncer tout droit vers la ligne d’arrivée entre le phare de Créac'h, sur l'île d'Ouessant et le phare de la pointe Lizard, à l'extrême sud de l'Angleterre et se faire cueillir à froid par une sévère dépression ou d’éviter, « en bons marins », ces conditions exécrables voire dangeureuses, quitte à laisser échapper le record... En croisière et/ou en convoyage, n’importe quel skipper de multicoque opterait pour l’option 2 ; qui irait se frotter à 45 à 50 nœuds établis avec des rafales à 55 ? Quel barreur prendrait son quart – volontairement, donc – avec 8 à 9 mètres de houle ? A peu près personne, évidemment… mais nous sommes à quelques heures de battre un record du monde qui tient depuis 2017, à portée d’étraves !
Les commentaires du bord de l’Ultim au jour 36 : « L’Atlantique Nord est particulièrement agité en ce moment et cela va encore prendre des tours d’ici ce week-end. Dans ce parcours autour du monde, il existe deux passages sensibles où il n’y a pas de voie d’échappatoire. Le Horn et l’arrivée. On a vu lors du dernier tour du monde en Ultim que certains avaient ralenti pour choisir la météo de passage au Horn et même fait escale aux Açores pour éviter un coup de vent en Iroise. Sur un record, ce luxe n’est pas possible. Il va falloir composer avec la météo et Sodebo 3 va sans doute vivre les conditions les plus exigeantes qu’il ait jamais rencontrées depuis sa mise à l’eau ».
Alors, ira ou n’ira pas ? Le final de cette tentative de Trophée Jules Verne pourrait nous réserver encore bien des surprises…