Les San Blas pour toucher au paradis
Qu’elle paraît loin, la Patagonie, pour Cathy et Fanch ! Nous suivons l’équipage dans ces pages depuis les Bijagos – c’était il y a quelques années déjà, sur la côte ouest africaine. Les marins nous écrivent ce mois-ci depuis l’archipel des San Blas, au Panama, où ils sont allés promener leurs deux coques en aluminium.
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Publié le
27/11/2025
Par
Gilles Ruffet
Numéro :
234
Parution :
Dec.
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Jan.
2025
Où : Archipel des San Blas, Panama
Multicoque : Katalu 42
Blog : www.ystafell.fr
Nous découvrons les molas, des carrés de tissu cousus et découpés par les femmes Kuna et dont la superposition des étoffes de différentes couleurs dessine des motifs traditionnels, ou bien des scènes de la vie courante. C’est magnifique. Le lendemain, nous visitons le village, nous rencontrons Denison, l’épicier qui va nous cornaquer et nous recevoir chez lui. C’est un premier aperçu du mode de vie des Kunas. Tout se passe sous la hutte, sans murs. Des poteaux sont positionnés aux quatre coins de l’habitation, un autre au centre, et des hamacs sont accrochés, disposés en étoile. Les habitants occupent les hamacs, couchés ou assis, et discutent. Les enfants sont nombreux. Tous les membres de la famille vivent ensemble : oncles, tantes, cousins, parents, grands-parents. Michael, le guide du village, nommé pour trois mois, nous fait visiter les lieux. Il nous fait notamment rencontrer une famille très sympa avec laquelle nous allons discuter un moment. Un homme me vend une langouste, 3,50 US $ la livre, et me demande s’il peut visiter le bateau. Il viendra avec toute sa famille et ce sera la fête à bord. Cathy en profite pour déstocker bonbons et jus de fruits. Après Isla de Pinos, nous appareillons pour Ustupu, puis Mamitupu, et plus loin, Cayo Ratones. Les coraux sont jolis, mais les poissons sont petits. Voici Kanlildup et Waisaladup. Nous touchons au paradis. Les plages sont de sable blanc, les cocotiers sont au-dessus de l’eau transparente, les coraux sont magnifiques et bien vivants, et les gorgones sont gigantesques. Nous croisons des requins nourrices, des raies pastenagues, toutes sortes de poissons de corail, mais pas de tortues. Des pêcheurs passent nous proposer des crabes, des langoustes, tout ce qui fait notre bonheur. J’en rêvais, nous y sommes ; enfin. Le lendemain, nous appareillons pour Banedup. Il s’agit d’un mouillage très prisé des plaisanciers car bien abrité derrière la barrière de corail, avec des fonds de trois mètres dans une eau cristalline. Malgré la foule de bateaux au mouillage, nous tombons sous le charme. Les coraux sont magnifiques. Encore une journée farniente qui s’écoule à ne rien faire, si ce n’est lire, papoter, nager, siester et, si on veut, on recommence. La croisière touche à sa fin, il reste encore plein d’îles à explorer et nous n’aurons pas le temps de les faire toutes. Il y a aux San Blas quelques sociétés de location de voiliers, ce qui est formidable pour les amateurs de navigation dans des contrées sauvages et préservées ; la contrepartie, c’est une saturation des mouillages, souvent enserrés entre plusieurs plateaux coralliens.