Entretenir au moins une fois par an son hors-bord, c'est le minimum. Sur les moteurs d’annexe, le problème récurrent, c'est que le moteur ne tourne pas assez. Pendant les longues traversées ou les séjours au port, la corrosion a le temps de s'installer et de gripper les pièces mobiles. Autant de risques de casse et de pannes dans un délai finalement assez bref : un moteur neuf peu sollicité et jamais révisé peut être bon pour la décharge en moins de cinq ans ! La faute au sel, qui vient obturer le circuit de refroidissement, bloque les éléments de transmission, la visserie et toutes les pièces qui devraient tourner, à l’image des molettes de serrage. Le bon réflexe est de dessaler régulièrement son moteur – à condition qu’il soit facilement transportable – en le faisant tourner dans un grand récipient (poubelle, par exemple) rempli d’eau douce. Les moteurs qui tournent sur les lacs sont évidemment moins exposés au vieillissement prématuré de leur moteur. Découvrez avec nous les points qu’il faut vérifier tous les ans sur votre hors-bord.

On fait tourner le moteur dans l'eau douce pour éliminer le sel. Une opération à renouveler aussi souvent que possible, au minimum une fois par an. Attention, si votre récipient n’est pas très grand, à la température de l’eau, qui peut monter très vite.

L'eau est vidée pour être remplacée avec un produit dessalant. Sur certains moteurs, on peut directement "injecter" le produit par les ouïes de prise d’eau de mer.

On vérifie que le thermostat fonctionne en mettant son doigt sur le cache. Il est d'abord froid puis chauffe brusquement. S'il reste froid, il faut le démonter et vérifier. Nettoyage au bain d'acide. Si le thermostat reste bloqué ouvert comme à gauche – la faute au sel, encore –, il faut le changer.

Vidange d'huile – pour les 4 temps : sur un gros moteur, c'est toutes les 100 heures. Sur un petit moteur, il faut le faire tous les ans, de préférence en fin de saison. Il faut faire chauffer le moteur pour fluidifier l'huile. On ne trouve pas de filtre à huile sur les petites puissances.

Pensez à vérifier l’état du bouchon et du joint. La qualité et la quantité d'huile sont indiquées sur le bloc moteur. Il faut penser à rajouter de l'huile après avoir fait tourner le moteur. Ne pas forcer les serrages, surtout les pièces en alu et en plastique.

On enlève les deux vis : l'huile qui s'écoule doit être encore propre. Si on a de la mayonnaise ou même, pire, de l'eau claire, c'est évidemment qu'il y a une prise d'eau. Et il y a le grand classique : le fil de pêche enroulé à ras de l'hélice, qui finit par cisailler le joint spi...

Laissez l’huile s'égoutter. Vérifier encore une fois les joints et bien sûr les têtes de vis pour éviter des démontages ultérieurs difficiles. A l’aide d’une burette ou d’une pompe spéciale, on remplit l'huile d'embase, une huile spéciale de transmission. Nettoyez les bouchons et préparez-les, prêts à être remontés.

Idéalement, il faut vérifier la pompe à eau tous les ans. On dépose le pied d'hélice, sans oublier de desserrer la tige d'inversion marche avant/arrière. Vérification de la turbine à eau, remontage avec un peu de vaseline et dépose de graisse sur les cannelures de l'arbre de transmission. Profitez-en pour démonter l’hélice.

On graisse tous les éléments mobiles tels que les axes et pivots, qui ne demandent qu'à se gripper. Utilisez de la graisse marine. Sans oublier les molettes de serrage : deux mois d'immobilité, et c'est grippé…

Démontez la bougie et pulvérisez un produit spécial anti-corrosion. Les constructeurs proposent chacun leurs propres produits : ne mettez pas de WD 40, pas assez gras, mais en revanche parfait pour le bloc moteur. Pulvérisez pendant trois ou quatre secondes. Deux ou trois coups de lanceur, et on remet la bougie.

Si le moteur ne tourne pas pendant longtemps, il est préférable de vider le carburateur : on ferme l’arrivée d’essence et on laisse tourner le moteur jusqu’à ce qu’il s’arrête. Pour le réservoir, vous avez le choix : traiter l’essence avec un produit stabilisant ou le vider en démontant la durite du point bas.

Sur les plus gros moteurs, on trouve 7 ou 8 anodes. Ici, nous n'en avons qu'une. Même si son aspect est satisfaisant, on la démonte pour vérifier si elle n'est pas perforée, comme celle de gauche et celle de droite, dont la face intérieure se désagrège.

L’avis du pro Eric Courbouin, responsable de Courbouin Plaisance
Une révision commence par une inspection générale d’aspect : une embase tordue ou une hélice abîmée doivent éveiller quelques soupçons. Le pire traitement pour un moteur est de rester "salé" pendant des mois sans tourner, d’où l’intérêt de le faire tourner dans l’eau douce avant les périodes d’inactivité. L'essence sans plomb ne se conserve pas longtemps : au bout de deux mois, elle vire, perd ses qualités et des dépôts se forment. Inutile de la stocker dans de grands bidons dans votre garage – c’est dangereux, en plus… Quand le moteur ne tourne pas, il faut absolument vider le carburateur. Quant aux bougies, il est préférable de disposer d’un jeu à bord, mais il est inutile de les changer tous les ans si leur aspect est propre.
Mes outils : assortiment de vis de tournevis et cruciforme, un grand récipient genre poubelle, clés plates et à pipe, clé à bougie, pinces...