Un emplacement pour un réservoir à eaux noires est désormais obligatoire à bord de tous les voiliers neufs construits depuis 2007. Pour les plus petites unités, le WC chimique chers aux amateurs de camping-car a encore de beaux jours devant lui… Mais pour les autres – donc les multicoques de 10 ans et plus -, il va bien falloir songer à installer ce réservoir tampon destiné à préserver les mouillages les plus sensibles ! Une opération pas si compliquée et d’un coût modeste si on n’achète que le réservoir "proprement" dit : 60 euros environ pour un petit de 25 l ; 130 pour un 60 l et moins de 200 pour 88 l. En revanche, le kit complet avec pompe broyeuse, flotteur, tuyaux, jauge et tout le toutim vous emmène tout de même à plus de 1 000 euros. C’est à ce prix que vous serez en règle et que vous pourrez fréquenter les nombreux mouillages interdits aux voiliers qui ne sont "pas propres". Un seul regret : les ports, eux, ne jouent pas vraiment le jeu et leurs stations de pompage opérationnelles sont encore peu nombreuses. A noter : de nombreux pays comme la Turquie, les Etats-Unis et la plupart des pays scandinaves imposent déjà à tous les bateaux l’usage des WC à eaux noires près des côtes. Les réservoirs sont vidés au large, ce qui est finalement la solution la plus simple et surtout la plus efficace pour éviter de concentrer les déchets dans les mouillages.
Un réservoir à eaux noires vous permettra de rester au mouillage sans polluer votre environnement. Indispensable compte tenu de la fréquentation de plus en plus importante des mouillages aujourd'hui !
Mes outils :
caisse à outils complètes avec rallonge pour douilles, tournevis souple, pince à serre flex et cutter.
Avant d’acheter votre réservoir à eaux noires, il faut se poser deux questions : de combien de place disposez-vous pour votre installation ? Votre équipage est-il le plus souvent nombreux ? En fonction des réponses vous opterez pour le modèle le plus approprié… et compatible.

Avant de vous lancez dans l’installation du réservoir, prenez le temps d’étudier soigneusement la notice et passez au feutre fluo les informations les plus importantes. Faites en sorte ensuite de stocker cette notice dans une pochette plastique, à proximité des WC.

Après avoir procédé à un montage à blanc, attaquez les premiers perçages dans la cloison à l’aide d’une perceuse et des mèches au bon diamètre. Pour les passages de tuyaux, pas de découpe carrées ou rectangulaires mais privilégiez des découpes rondes grâce à une scie-cloche.

Toutes les sorties de votre réservoir ne sont pas forcément utilisées : elles peuvent être modifiées, percées et le plus souvent bouchées. Le constructeur fournit des bouchons spéciaux adaptés à cet usage. Il reste ainsi possible de faire un nouveau branchement ultérieurement.

On effectue le serrage des sorties grâce à un outil spécial qui s’ajuste dans deux trous de la collerette supérieure. La pièce est maintenue en place par en dessous, en passant le bras dans la trappe de visite. Ne pas hésiter à rajouter un filet de mastic polyuréthane.

Pour fixer les pattes du réservoir sur la cloison, il est nécessaire de disposer d’une rallonge de douille XXL… A prévoir avant de vous lancer dans le montage.

Pour un montage sérieux, il ne faut pas de longueurs et de croisement de tuyaux inutiles, mais plutôt belles courbes : ce n’est pas parce qu’on est dans les toilettes que le boulot doit être moche ! La machine à serre flex fera ici gagner un temps précieux.

Le nable de pont, utilisé pour le pompage dans les installations portuaires, sera placé près du livet. Attention aux pièges dissimulés par les contremoules – renforts métalliques, câblages électriques. Le trou est effectué au bon diamètre à la scie cloche. Ne pas oublier le joint polyuréthane au montage.

Il est impératif d’utiliser des tuyaux de qualité sanitaire : celui-ci est réalisé en caoutchouc et renforcés par un tissu synthétique et des spirales métalliques. Une garantie de robustesse, de résistance aux "pliages", et surtout de "bonnes odeurs" à bord.

Pour serrer les colliers inox les plus inaccessibles, n’hésitez pas à investir dans le tournevis à tige souple… un outil qui vous fera économiser du temps et quelques crampes !

Tous les colliers placés sous la ligne de flottaison sont doublés – et si c’est possible on fait de même au dessus de la flottaison - et positionnés en opposition afin d’optimiser le serrage et d’éviter d’abîmer voire de percer le tuyau.

Le réservoir à eaux noires est prêt à l’emploi. Notez l’accès facile à tous les organes techniques, gage d’un entretien régulier et facile et la présence d’un hublot ouvrant, bien utile pour éliminer toutes les odeurs.

L’avis du pro
Jean-Marie Hauchemaille, Chef de projet chez Olbia, aménageur de bateau
"Avant de choisir un réservoir à eaux noires, il est indispensable de faire le point sur la place disponible et les usages du bord. Une fois votre réservoir acheté, étudiez soigneusement la documentation, stabilotez-la au besoin avant de procéder à un pré montage complet. Complet, ça veut dire avec les tuyaux et les colliers de serrage, histoire d’être certain que tout est fonctionnel et bien en place. Au montage, ne pas hésiter à garnir un joint qui semble abîmé ou fragile de mastic polyuréthane. Un bon truc pour ajuster les tuyaux dont le diamètre est un peu trop faible : on les chauffe – avec précaution bien sûr – au décapeur thermique pour les ramollir. Et au chapitre des bonnes astuces, je recommande le tournevis spécial à tige souple pour un serrage optimum des colliers inox. Côté sécurité, la législation impose deux colliers pour tous les tuyaux sous la flottaison. Si c’est possible, mettez-en deux partout sans oublier de les opposer pour optimiser le serrage. Ceinture et bretelles !"
