On a reculé vers le quai, pris la pendille et ajusté l’amarrage. Parfait ! Sauf que le quai dépasse d’un bon 70 cm le niveau de la jupe arrière. Pas facile de mettre pied à terre, surtout quand on doit avitailler ou décharger du matériel. Pas pratique non plus pour les enfants ou les personnes âgées – oui, ça peut arriver que votre belle-mère vous rende visite : votre multicoque est si confortable... Plus sérieusement, retenez que la largeur minimum pour le passage d’un fauteuil roulant est de 80 cm. La solution ? Une passerelle qui permet de passer sur le quai facilement. Mais quel modèle choisir ? De la simple planche à la passerelle hydraulique « boîte aux lettres », il y en a de tous les poids, tous les encombrements, et aussi pour toutes les bourses. Et il faut penser aussi au stockage : une passerelle mesure minimum 2 mètres. Parfois un peu trop long pour rentrer dans les coffres de jupe. Manipuler et ranger facilement votre passerelle est donc appréciable.

Le système D
Une simple planche peut faire l’affaire. Pas besoin de vous compliquer la vie, vous pouvez vous la faire couper dans un magasin de bricolage (dans un bois résistant) et lui faire des petits trous aux quatre coins pour pouvoir l’attacher avec du bout et coller un bout de moquette pour ne pas abîmer le gelcoat de votre jupe arrière. C’est pratique, pas cher et ça rend de bons services. Mais l’inconvénient, c’est que cette passerelle de base fait au minimum 20 mm d’épaisseur : elle est donc lourde – et bien sûr ne se plie pas. Seule solution pour le stockage : l’attacher le long des filières. Une passerelle peu élégante, pas très pratique à manipuler, mais on ne peut moins cher. Une formule plus sophistiquée consiste à bricoler une passerelle à l’aide d’une échelle pliante de peintre en aluminium. On en trouve pour une centaine d’euros dans le commerce ; il vous suffit adapter des embouts pour le quai et la jupe. Beaucoup plus légère que la simple planche, elle mesure environ 2,40 m de long. L’avantage est de pouvoir la plier en quatre et de la ranger facilement dans un coffre. En plus, cette passerelle peut vous servir pour bricoler autour du bateau quand il est au sec. En revanche, comme sa première fonction est de servir d’échelle, elle est susceptible d’intéresser beaucoup de monde à l’escale…

Les passerelles pliantes en bois, aluminium ou inox
Chez les shipchandlers, il est possible de trouver pléthore de modèles. A partir de 250 €, vous découvrirez des modèles en bois et inox avec une lyre pour la fixer sur la jupe et des roulettes pour le quai. Ces passerelles sont déjà bien plus académiques que les solutions décrites plus haut. Elles sont un peu lourdes (entre 15 et 20 kg), mais on peut, en doublant le budget, s’offrir un modèle en aluminium plus léger (environ 10 kg). En prenant quelques options, il est possible de les équiper de mains courantes – ce qui est très sécurisant, surtout pour les visiteurs non habitués. Dans le haut de gamme, pour environ 1 000 euros, on va trouver des passerelles pliables en teck avec plancher en caillebotis. Ces passerelles sont très bien étudiées et sûres, mais elles sont cependant un peu lourdes ; elles nécessitent un palonnier que l’on arrime avec la balancine afin de les manipuler plus facilement. Les principaux fabricants sont Eval, Nautinox, Opacmare, Metalstyle, UMT Marine, MarQuipt… Récemment – l’avènement des paddles y est pour beaucoup –, des passerelles gonflables ont été développées. C’est léger (moins de 10 kg), facile à ranger dans un sac et peu encombrant. Reste à s’équiper d’un petit compresseur, car la corvée de gonflage revient souvent à l’ordre du jour. Pinair a présenté il y a deux ans un modèle séduisant ; gageons que d’autres fabricants vont suivre, d’autant qu’une passerelle gonflable peut être bien utile pour intervenir sur la coque à flot – ou comme support de jeu nautique pour les enfants.

Les passerelles high-tech
Dans cette catégorie, beaucoup de modèles et de marques différentes comme GS, Exit et Cap Nautice. GS est sans doute la plus représentée : on retrouve en effet ces passerelles à bord de nombreux multicoques exposés lors des salons nautiques. Fabriquées en composite 100 % fibre de carbone et résine époxy avec la technique de l’infusion sous vide, les passerelles high-tech présentent le gros avantage d’être très légères : 7 kg seulement pour un modèle de 2,20 m x 0,35 m. C’est vraiment facile de les sortir du coffre, d’autant plus qu’elles sont livrées dans un sac de rangement. On peut peindre ces passerelles haut de gamme, et même, comme le propose le distributeur Nautex, les personnaliser à la commande. Elles sont équipées de la lyre et des roulettes intégrées. Revêtement antidérapant et palonnier sont possibles parmi la liste d’option. Compter de 3500 à 6000 € selon le modèle. C’est cher, mais terriblement séduisant.

Les passerelles électrohydrauliques
De par leur poids – environ 70 kg pour les plus légères –, ces passerelles sont destinée à des catamarans à moteur d’au moins 45 pieds et à voile au minimum de 50 pieds. Elles requièrent une installation professionnelle, car il est nécessaire d’installer une centrale hydraulique à bord, elle-même reliée au circuit électrique. Leur confort est bien sûr incomparable comparé aux autres modèles. Leur prix aussi ! Rien à moins de 7 000 à 8 000 euros, et cela peut monter jusqu’à 25 000 pour les modèles encastrables. Ces derniers sont assez lourds (jusqu’à 200 kg) et ne se justifient que sur des grands multicoques supérieures à 70 pieds. Leur maniement est cependant très agréable, il suffit d’appuyer sur le bouton de la commande pour les déplier, avec la main courante qui se met en place automatiquement. Comme la vie peut être simple, parfois… Certains modèles pivotants peuvent également servir de grue pour mettre l’annexe à l’eau ou un petit jet ski.