On ne souhaite à personne de devoir y prendre place un jour. Mais si cela arrive, le choix du modèle et la manière dont le radeau est installé à bord sont primordiaux pour arriver à le mettre à l’eau et à le percuter avec succès. C’est toujours dans un cas d’extrême urgence que cela se produit. L’eau monte à bord, et le bateau – s'il n'est pas insubmersible – menace de couler. On a généralement quelques minutes, rarement plus, pour mener l’opération. Ou bien, c’est le feu qui ravage votre bord, et là, c’est encore plus rapide. Les émanations toxiques vous pressent de quitter le bord en moins de deux minutes. Et bien sûr, cela arrive le plus souvent par mauvais temps. Le pont du bateau bouge et peut être glissant. Le stress qui s’en mêle n’est pas le meilleur des alliés. Et que dire s'il y a en plus des blessés à bord… Autant dire que de nombreux obstacles peuvent contrarier sérieusement la réussite de votre embarquement dans votre radeau. Et, une fois bien à l'abri à bord de la survie, le temps d’attente des secours peut être plus ou moins long selon la zone d’accident. Dans certains cas, au large, cela peut durer plusieurs jours
Des modèles spécifiques selon votre programme
On trouve deux grandes catégories de radeau : celui de type II, dit "côtier", obligatoire à plus de 6 milles d’un abri, mais fortement recommandé si l’on s’éloigne de plus de 2 milles des côtes. Le radeau de type I, dit "hauturier", pour la navigation à plus de 60 milles des côtes. Cette deuxième catégorie est elle-même divisée en deux classes, A et B. La différence se situe au niveau de la résistance et de la température d’utilisation, qui va de -15° à + 65° pour le A, et de 0° à + 65° pour le B. Enfin, toujours dans cette classe I, il y a des radeaux avec un armement "moins de 24 h" ou "plus de 24 h" (voir ce qui est obligatoire dans l'encadré). On ne saurait que trop vous conseiller de compléter le contenu du radeau avec du matériel que l’on place dans un sac étanche appelé "Grab Bag"… Depuis 2008, La taille réglementaire du radeau dépend du nombre de personnes embarquées et non du nombre de passagers pour lequel le bateau est homologué. Si vous ne naviguez jamais avec plus de 6 équipiers à bord, il ne sert à rien d’avoir un 10 places, qui sera plus contraignant et difficile à manipuler. Enfin, vous devrez faire un choix entre les radeaux en sac et ceux munis d’une coque de protection. Les premiers se placent facilement dans un coffre, car ils sont plus malléables. Les seconds sont mieux protégés des intempéries et sont installés à l’extérieur. Ils sont aussi plus faciles à mettre en œuvre…

L’installation à bord
Nous le savons tous : les conditions dans lesquelles nous risquons de mettre le radeau à l'eau, le percuter et monter dedans sont le plus souvent très scabreuses. L’emplacement choisi à bord pour l'installer est donc très important pour mener à bien l'opération de sauvetage, dans le très court laps de temps qui nous est alors souvent imparti. Dans tous les cas, le radeau doit être facilement accessible. Le fond d’un coffre avec nombre d'affaires empilées dessus est le dernier endroit où le placer, et ne parlons pas du fin fond de l’intérieur du bateau. Certains catamarans possèdent aujourd’hui des compartiments dédiés dans la jupe ou la poutre arrière. Il n’y a qu’à pousser le radeau à l’eau pour le mettre en œuvre. D’autres systèmes se fixent sur les balcons, ou sont même directement intégrés au bastingage. Il suffit de libérer l’attache, et le gonflage peut se faire automatiquement. Certains propriétaires bricolent une installation spécifique, par exemple sur le trampoline avant, qui permet d’y avoir facilement accès, même en cas de chavirage.

Question de programme et de logique
La première règle est de bien adapter son équipement en fonction de son bassin de croisière et de son équipage. Si vous partez pour des navigations dans des secteurs rudes, un modèle de radeau auto-redressable est à conseiller. Si vous traversez le Pacifique, votre "Grab Bag" devra être très complet. N'hésitez pas à en préparer deux ou trois, ainsi que des jerricans d’eau douce qui, à moitié remplis, flottent sur l’eau de mer et seront faciles à récupérer. Il est déterminant d’avoir préparé le sac avant le départ, car, quand l’incident arrive, vous n’avez plus le temps de rassembler vos affaires de secours. Une balise de détresse, une VHF portable et des piles peuvent vous sauver en permettant la communication avec des navires qui ne vous apercevront pas. Comme pour les jerricans, en laissant le sac à moitié plein d’air, vous pourrez le laisser flotter en le frappant à une longe pendant l’embarquement.
La navigation en amoureux est magnifique, mais, si l'un de vous est blessé, veillez à ce qu'une personne seule soit à même de manipuler le radeau et de le mettre à l'eau s'il n'est pas équipé d'un système de mise à l'eau automatique. Enfin, n’oubliez pas que, sur un catamaran, l’annexe sur ses bossoirs est aussi très pratique et peut servir de radeau secondaire ou de fortune si nécessaire.
Pour ceux qui naviguent en côtier, même à moins de 6 milles mais en hiver, n'oubliez pas que l’eau peut être très froide, et votre seul gilet ne suffira pas à vous protéger. Dans ce cas, et même s'ils ne sont plus obligatoires, les engins flottants, et surtout ceux des dernières générations qui permettent d'accueillir deux personnes, pourront vous sauvez la vie dans une eau à 8° où l’espérance de survie ne dépasse pas les 30 minutes…

Le contenu du radeau de classe I
1 x paire de pagaies
Fiche d'instructions (pictogrammes)
3 x feux à main rouges
2 x fusées parachute
1 x couteau flottant
1 x ancre flottante
1 x kit de réparation
1 x gonfleur
1 x miroir de signalisation
1 x bouée de sauvetage avec 30 mètres de filin
1 x feu à éclats
6 x cachets anti-mal de mer par personne
1 x sifflet
1 x écope
2 x éponge
1 x tasse à eau douce
Alors, n'hésitez pas à le compléter !