La composition de la pharmacie embarquée est une phase importante de la préparation de votre grande croisière. Elle permettra de traiter à bord les problèmes médicaux ou traumatiques les plus fréquents. Nous parlons bien sûr de la trousse qui est indispensable pour les traversées océaniques où les risques sont les plus grands du fait de la longueur et de l’éloignement. Elle est nécessaire au quotidien, pour traiter des problèmes peu graves mais néanmoins handicapants, comme le mal de mer, les coups de soleil, les brûlures, les coupures, les traumatismes bénins ou encore la gestion des douleurs. Elle doit aussi donner une réponse à des problèmes traumatiques plus importants, des infections ou pathologies plus sérieuses, comme le risque cardiovasculaire.
Avant le départ, il est vivement conseillé à toute personne effectuant le voyage de consulter son médecin traitant avec la liste des dotations officielles. Il vérifiera l’état de vos vaccinations (tétanos notamment), rédigera l’ordonnance, obligatoire pour la délivrance de certains de ces médicaments, et pourra faire l’état de vos antécédents médicaux et chirurgicaux destinés au corps médical. Il peut éventuellement vous aider à remplir une fiche médicale individuelle qui sera votre passeport santé en cas de consultation à distance. La dotation pharmaceutique ne comprenant pas les traitements habituels des navigateurs en rapport avec d’éventuelles pathologies chroniques, chacun devra emmener son traitement personnel. De même, une visite chez le dentiste est recommandée afin de prévenir la déclaration d’un éventuel abcès, qui serait problématique une fois les amarres larguées.
DOTATIONS MEDICALES ET PRATIQUES
La pharmacie de bord répond à des critères et une composition imposés par les textes réglementaires. Les règles de l’Organisation maritime internationale (OMI) imposent aux navires d’avoir une dotation internationale de bord. En France, à partir du site du Centre de consultation médicale maritime (CCMM) www.chu-toulouse.fr/la-pharmacie-de-bord , vous pourrez télécharger cette liste de dotation. Si vous êtes amenés à modifier votre pharmacie de bord, vous pourrez également leur envoyer la liste de votre bateau, de même que les fiches médicales individuelles remplies par les membres d’équipage. Ces documents seront annexés dans un dossier au nom du navire, qui sera alors accessible au médecin du CCMM à tout moment. De multiples guides de médecine en mer existent, comme le « Medical guide for ship », édité par l’Organisation mondiale de la santé, ou en ligne comme sur Wilderness-medicine.com ou sur www.sailing.org. Une formation de sensibilisation peut s’avérer bénéfique pour parer aux cas d’urgence et éviter les erreurs.
Pour autant, à bord, évitez l’automédication pour les pathologies sévères : certains médicaments, très efficaces, peuvent parfois s’avérer dangereux. Les effets indésirables possibles des médicaments peuvent aller de la simple nausée bénigne à la survenue d’un symptôme ou état pathologique gravissime. Inutile de laisser traîner des symptômes qui persistent (douleurs, fièvre, toux, troubles digestifs). Tout problème médical pour lequel vous consulteriez à terre doit vous conduire à une télé-consultation. Le CCMM assure et officie un service de consultation et d’assistance télé-médical pour les navires en mer. La réponse médicale est assurée 24 heures sur 24 par les médecins dédiés au aux heures ouvrables, par le médecin régulateur du SAMU aux autres moments. Ce service peut être contacté directement par tous les moyens de communication radio, GSM et satellite, ou via les CROSS. Il est donc utile d’avoir rempli et transmis au préalable une fiche médicale individuelle consultable par le médecin intervenant.
LE RANGEMENT
L’environnement marin est souvent humide et enclin à des variations de température. La dotation pharmaceutique doit être rangée en tenant compte de cela tout en permettant un accès rapide. Le contenant doit permettre de mettre les médicaments à l’abri des chocs, de l’humidité, de la lumière et des écarts de température, parfois dommageables aux principes actifs. Les médicaments peuvent être enlevés de leurs boîtes d’origine et placés dans un sachet étanche transparent en notant les dates de péremption et en gardant leur notice. Une boîte étanche avec des compartiments bien distincts est pratique dans des conditions instables, et peut éviter les confusions. Elle permet le rangement et le remplacement des produits périmés pour d’autres qui sont utilisés de façon exceptionnelle. Les produits seront classés selon les maladies qu’ils soignent ou par type de molécule en respectant la classification de la liste officielle. Cela facilitera la recherche du médicament souhaité. Un registre des médicaments gérant les entrées, sorties et péremptions sera utile pour garder votre pharmacie à jour. Une autre boîte étanche pourra comporter les accessoires d’aide au diagnostic et pour les traumatismes et blessures sérieux : attelle, strap, bandage, ciseaux, seringues et gros pansements.
Pour les besoins de tous les jours, comprenant à la fois le nécessaire d’urgence pour petit bobos – pansement, compresses, désinfectant, pommade anti-brûlure ou post-traumatique – et quelques médicaments courants comme les antalgiques, pansements gastriques et anti-inflammatoires , mieux vaudra utiliser une pharmacie de type équipet, encore plus facile d’accès, et dans laquelle vous pourrez aussi stocker votre traitement quotidien personnel. Enfin, une dernière trousse, stockée dans le matériel d’évacuation, sera bien utile s’il faut quitter le bord en urgence. La trousse de la plupart des radeaux de survie est réduite à quelques sparadraps et pilules contre le mal de mer... Néanmoins, si le volume total de la pharmacie de bord du bateau n’est pas trop conséquent et qu’elle est facilement accessible, cette dernière pourrait être entièrement embarquée.