Sur notre programme tour du monde, nous voulons une maison flottante avec eau, électricité et… Internet. Nous voulons une connexion permanente, rapide et pas chère et nous voulons que cette connexion fonctionne aussi dans les mouillages isolés, qu’on préfère aux dispendieuses marinas.
Pour les communications vocales entre nous, nous utilisons la VHF. Outre la VHF fixe du bord, nous avons 2 VHF portables étanches (qui font partie du kit sécurité de l’homme de quart, un homme à la mer pourrait, même de nuit, guider le bateau sur lui). Nous avons également 4 talkies-walkies achetées en grande surface à 30 euros la paire. Leur ratio prix/encombrement/poids est bien meilleur que celui des VHF, mais leurs performances sont moindres. Ils sont très utiles avec les enfants, qui ont tendance à encombrer les ondes...
Pour les communications vocales locales, nous utilisons le téléphone GSM. Pour appeler l’Europe, suivant l’interlocuteur, l’heure et d’où nous appelons, ce sera Skype, GSM ou Iridium.
Pour Internet, nous retenons Wi-Fi et GSM, et nous écartons d’emblée BLU et connexion satellite. La première pour sa bande passante archaïque, la seconde pour son coût prohibitif. Nous avons investi dans un Iridium pour les urgences et les traversées. Il nous permet de récupérer les fichiers météo, la messagerie en mode dégradé et les appels en cas d’urgence en haute mer.
Rester connecté à bord : c'est facile avec les outils modernes…
Deux solutions se côtoient donc pour Internet à bord, et nous les utilisons alternativement : téléphone GSM servant de hotspot, et Wi-Fi, lequel est évidemment préféré quand il est disponible.
Avant de détailler ces deux options, précisons notre mode de consommation. Nous avons à bord deux PC, dont l’un est connecté en permanence, une tablette, et un smartphone qui sert de hotspot. Nous sommes deux utilisateurs adultes et éclairés quant aux "gouffres à données". Notre volume e-mail est moyen mais nous surfons intensivement. Nous essayons d’éviter la vidéo et Skype, surtout avec les connexions GSM. Notre consommation GSM totale est de l’ordre d’un gigabyte par semaine, la majeure partie (> 90 %) de notre trafic provenant des browsers et des e-mails.
Pierre, un lecteur connecté, nous donne ses combine pour surfer pas cher en grande croisière.
Maîtriser sa consommation
Nous avons désactivé toutes les mises à jour automatiques, en particulier celles de Windows, qui sont très pénalisantes en termes de volume. Nous quittons Facebook, Skype, Dropbox et autres outils de partage, dont les seuls "shake-hands", même en mode inactif, consomment plus que tout le reste. Nous utilisons Outlook (ce n’est pas l’outil le plus économique en termes de trafic réseau, mais les outils efficaces et fonctionnant en mode off-line deviennent rares) en mode off-line et ne downloadons que les en-têtes des e-mails pour effacer directement sur le serveur ceux qui ne seront pas lus, donc pas downloadés. Nous gérons deux comptes e-mails, l’un pour l’usage quotidien, l’autre pour les inscriptions aux sites et services Internet et qui sera donc spammé et consulté différemment. Nous configurons la connexion Wi-Fi des tablettes pour qu’elle soit inactive quand la tablette est en veille. Pour toutes ces raisons, nous ne communiquons pas notre hotspot à nos visiteurs, car, expérience faite, notre crédit s’épuise en quelques heures...
Pour ce qui est des offres en prépayé, la majorité des opérateurs les gèrent de la même manière : il y a un crédit qu’on recharge dans les tabacs et autres commerces affichant le logo de l’opérateur. Ensuite, une fois le crédit "sur le téléphone", il faut "acheter" avec ce crédit des minutes de conversation, des SMS ou, pour ce qui nous intéresse ici, des datas. Ces différentes offres rendent opaque la comparaison entre opérateurs, et c’est bien là le but de leur jeu, car tous utilisent la même technologie, voire se partagent une infrastructure commune. Il est primordial de bien comprendre le plan tarifaire data de l’opérateur retenu, sans quoi les quelques euros annoncés peuvent vite passer à quelques centaines d’euros...
Les 3 VHF, l’Iridium et les 3 talkie-walkies (le 4e est mort dans un port) du bord.
LEGENDE DU TABLEAU :
Date : période d’utilisation. Bande passante : rapidité des téléchargements (pages Web, mails…) ; 5 = comme sur une ligne fixe ; 2 = fréquentes connexions infructueuses pour des raisons de time-out. Disponibilité : 5 = connexion permanente ; 2 = fréquentes indisponibilités d’Internet malgré une connexion GSM. Couverture : 5 = couverture totale du territoire visité. Premier achat : facilité et temps passé pour le premier achat et pour la signature du contrat. Plan tarifaire : limpidité du plan. Prix : basé sur le plan tarifaire le plus approprié au mode consommation (4GB/mois). €/GB : coûts effectifs par gigabyte, hors appels vocaux.
Comparaison des offres data en prépayé
Pays Opérateur Dates Bande passante Disponibilité Couverture 1er achat Plan tarifaire Prix €/GB Note globale
France SFR 03/13 à 08/13 3 3 5 2 5 env. 15 € par semaine 15 3
Italie TIM 07/13 5 5 5 4 5 70 € pour un mois 16 4
Espagne Vodafone 08/13 à 11/13 5 4 5 2 1 1,2 GB 15 € 13 3
Martinique Digicel 12/13 à 01/14 4 3 5 5 3 500 MB 10 € 20 4
Guadeloupe Digicel 02/14 2 2 5 5 3 500 MB 10 € 20 3
Grenadines Lime 12/13 à 01/14 3 4 5 5 5 2 GB 60 $EC 8 4
Antigua Lime 03/14 5 5 5 5 5 2 GB 69 $EC 9 5
St-Martin et St-Barth Dauphin 03/14 à 04/14 5 4 4 5 4 39 € illimité, pas d'appels 9 4
BVI Lime 05/14 à 06/14 5 4 5 5 5 2 GB 35 $US 13 5
Panama Movistar 07/14 3 5 3 5 3 15 $ 2 semaines 5 4
USA T-Mobil 08/14 2 2 2 3 4 100 $ un mois 17,00 3
Le tableau ci-dessus montre une comparaison de l’offre prépayée basée sur nos observations (forcément subjectives). Voici ce qui ressort de notre expérience :
1) France – Côte d’Azur : hors saison, l’offre est très bonne, mais fortement dégradée en juillet et août. Complexité administrative créative... En revanche le plan tarifaire est limpide.
2) Espagne (Baléares et Canaries) : mise en œuvre très compliquée. Plan tarifaire opaque. Nous avons dû acheter 3 différentes SIM, une pour les datas, une pour les appels locaux et une 3e pour les appels hors Espagne.
3) Sardaigne : tout le mois de juillet ; hormis une certaine attente à la mise en service de la SIM, tout a été d’une simplicité remarquable.
4) La Martinique et la Guadeloupe sont couverts par les mêmes opérateurs. Autant la prestation en Martinique était satisfaisante, autant elle était faible en Guadeloupe. Précisons aussi que notre zone de navigation était limitée dans les 2 îles : Martinique principalement Le Marin et Ste-Anne, alors qu’en Guadeloupe nous sommes restés entre Les Saintes et Sainte-Rose avec une escale de 10 jours à Deshaies. Globalement, la disponibilité des services data sur les 2 îles est mauvaise au regard de ce que nous avons connu ailleurs.
5) Grenadines : il s’agit du réseau le moins évolué de notre parcours.
6) Antigua : nous sommes restés un mois et avons beaucoup bougé. Eu égard au prix, c’est de loin la meilleure prestation rencontrée, digne d’une capitale européenne.
7) St-Martin et St-Barth: la seule offre illimitée. La disponibilité et la couverture sont mauvaises sur la partie hollandaise de St-Martin, contrairement à ce qui est annoncé. Le plan tarifaire est simple, mais il semblait impossible d’avoir data et voix avec la même SIM.
8) BVI : très bonne offre, excellente couverture sur toutes les îles. Seule connexion permettant la vidéo sur Skype.
9) Panama : très bonnes prestations côté Pacifique. Choix de l’opérateur en fonction de la couverture à Shelter Bay Marina à Colon. Movistar ne passerait pas aux San Blas. Tarifs incompréhensibles quant aux datas mais imbattables sur l’ensemble du voyage.
10) USA : très mauvaises prestations en dehors des grandes agglomérations. Connexion Internet quasi impossible hors des centres urbains lors de notre voyage. Globalement, l’offre terrestre dans le Sud-Ouest américain, qu’elle soit GSM ou Wi-Fi, est nettement moins performante que ce que nous avons connu dans les îles. Seule la Californie sort un peu du lot.
La collection de cartes SIM avec la gestion artisanale des PIN et des numéros.
Et en traversée ?
Se connecter en Wi-Fi est possible dans les marinas, et près des hôtels et/ou spots de connexion. Le signal GSM peut, selon les zones et la hauteur des antennes, être capté jusqu'à 20 à 25 milles des côtes (aux USA et en Europe). Ce qui signifie plus de connexion à Internet dès que l'on s'éloigne des côtés, et a fortiori en traversée. Dans ce cas, il n'y a que l'Iridium et ses 66 satellites qui peut vous permettre de rester connecté, mais dans ce cas, la facture s'envole vite...
Nos certificats SRC (Short Range Certificate) – nous en sommes très fiers…
Les points à comprendre quand on change d’opérateur :
- Plan tarifaire.
- Comment recharger et comment « acheter » des datas.
- Comment consulter le solde du compte et le solde données.
- Que se passe-t-il quand le plan data est épuisé. Le service est-il coupé ou l’opérateur bascule-t-il en mode « hors plan » où les datas sont infiniment plus chères et donc le crédit épuisé en quelques minutes.
- Garder les vieux téléphones pour jongler avec les différentes SIM....