Nous avons tous été confrontés dans notre vie de plaisancier à une petite séance de patinage artistique sur un pont dont le revêtement antidérapant est usé et ne fonctionne plus. C’est non seulement désagréable, mais on peut aussi se blesser et – encore pire – tomber à la mer. Bien souvent, les pointes de diamant moulées dans le gelcoat des ponts voient leur efficacité diminuer drastiquement avec les années qui passent. L’usure efface la pointe. Le pont devient glissant, et d'un point de vue esthétique, votre pont semble usé, passé… En un mot, pas très joli… La sensation d’avoir les pieds bien maintenus sur le pont évite le stress, et contribue au succès de nos navigations par la sensation de sécurité que cela procure.

Que faire pour luter contre ce vieillissement ? Que ce soit en première monte sur un gelcoat neuf ou pour remplacer le matériau existant, nous avons plusieurs possibilités. Quatre grandes familles se distinguent, la peinture, le teck, l’imitation teck et les revêtements synthétiques. Tous sont efficaces, ils présentent des caractéristiques différentes pour répondre à tous les cahiers des charges.
La peinture
C’est sans doute le moyen le plus simple, le plus léger et le moins coûteux d’obtenir un antidérapant efficace tout en offrant un aspect décoratif à votre pont. Beaucoup de coloris existent dans toutes les marques, et il est toujours possible d’adjoindre un colorant pour créer une teinte unique et très personnelle. Son application nécessite un travail de préparation de la surface méticuleux. Un ponçage et un nettoyage soigneux à l’acétone sont à effectuer après avoir repris les parties abîmées à l’enduit. Il convient ensuite de bien délimiter la surface à peindre en appliquant des scotchs pour faire le détourage des éléments d’accastillage. Deux types de peintures sont disponibles : les mélanges déjà tous prêts mono-composant qui, généralement assez mats, conviennent mieux si la surface à traiter n’est pas bien lisse. Son aspect matifiant est plus recouvrant, et estompera les irrégularités.

Si votre surface est neuve ou sans aucun défaut apparent, vous pouvez utiliser une peinture de pont laquée, généralement bi-composant, dans laquelle on mélange des microbilles en sachets qui vont constituer l’antidérapant. On la passe en deux couches. Une première sur tout le pont une fois l’accastillage démonté. Puis une deuxième contenant les billes avec les gabarits délimités par le ruban adhésif. C’est plus esthétique, mais votre pont doit être impeccable. L’entretien est très simple, balai et détergent, comme pour le gelcoat.
Le teck
A tout seigneur, tout honneur. C’est aujourd’hui le plus beau et le plus prisé des revêtements pour les bateaux de luxe. Les chantiers ne jurent que par lui pour habiller les belles unités. C’est un bois très résistant, qui ne craint ni les insectes, ni les agressions climatiques. Riche en oléorésine, il est fortement antidérapant. Alors que dans les années 90 sa pose utilisait la technique du vissé-collé, faisant craindre des infiltrations, il est maintenant uniquement collé grâce aux progrès réalisés sur les colles, beaucoup plus fortes. Sa longévité est exceptionnelle, et il est possible de le reconditionner au bout de quelques années avec un gros ponçage et la réfection des joints. Ses points faibles sont un poids important et sa tendance à emmagasiner la chaleur, ce qui nécessite une bonne isolation, pour éviter qu’il ne la restitue à l’intérieur. Sa pose, assez complexe, est réservée aux professionnels spécialisés. Avec le soleil, il prend une teinte grisâtre que l'on pourra faire disparaître avec de l’acide oxalique ou un léger ponçage. Pour l’entretenir, rien de tel que l’eau de mer avec un balai plat toujours passé perpendiculairement aux lattes. Attention aux karchers puissants qui entaillent le bois. En cas de tache, il faut rapidement appliquer de la terre de Sommières, ou du K2R en bombe.

A noter que l'exploitation du teck est aujourd'hui très contrôlée, et provient de plantations créées pour sa production.
L’imitation teck

Ne se ternissant presque pas avec le temps, d’un entretien similaire au gelcoat, le teck synthétique est plus résistant aux taches, aux éraflures et aux agressions des UV que le vrai teck. L’imitation est tellement bonne visuellement et au toucher que l’on a souvent l’impression de marcher sur du vrai bois. Sa pose est aussi plus simple. Les panneaux sont découpés en usine aux mesures et gabarits relevés sur le pont. Les marques Flexiteck et Deck King sont livrées en rouleau, puis sont collées à l’aide d’une colle polyuréthane. D’autres, comme l’Isiteek, sont débitées par lattes et se posent au fur et à mesure en épousant les formes et contours comme de vraies lattes de teck. Les ponts en teck synthétique sont de bons isolants thermiques et phoniques, surtout le Seacork, élaboré en liège, qui est en plus très léger. L’autre avantage est de pouvoir disposer d’un vaste choix de coloris et de faire réaliser le dessin des joints selon le modèle de votre choix, ou même d’insérer un logo ou un sigle sur mesure. Le teck synthétique est aussi un peu moins épais et craignant moins les taches que le teck, sa maintenance n’est pas contraignante.

Revêtements synthétiques
Généralement découpés en panneaux qui viennent se disposer entre l’accastillage de pont, les revêtements synthétiques ressemblent au dessin que l’on peut obtenir avec la peinture. La gamme des coloris est plus restreinte, mais ils possèdent de très bonnes qualités d’isolation phonique et thermique. Leur qualité anti-réverbération les fera plus particulièrement apprécier dans les régions fortement ensoleillées. Les panneaux sont découpés aux mesures et gabarits du pont, comme pour le teck synthétique, mais le matériau très souple composé en partie de caoutchouc épousera mieux des formes arrondies ou fortement courbées. Les modèles TBS sont doux au toucher, ne retiennent aucune chaleur, et il est particulièrement agréable d’y marcher pieds nus. Les modèles HPK et Treadmaster possèdent une surface beaucoup plus rugueuse et solide, les destinant plutôt à des navires d’expédition ou à utilisation extrême. Ces revêtements se posent avec de la colle Sikaflex, et s’entretiennent comme le gelcoat ou la peinture. Leur résistance aux taches d’hydrocarbure ou d’huile est très importante.
