Le monde des voiles de portant peut parfois sembler obscur, car chaque voile est adaptée à un usage tout en répondant à des critères de classification pour les différentes jauges (anciennes ou en cours). Les choses se compliquent encore quand les fabricants de voiles introduisent leurs propres appellations, qui ajoutent à la confusion. C’est notamment le cas des « codes », qui se déclinent désormais dans de multiples versions. Pour vous aider dans votre exploration ou votre choix, voici quelques décryptages sur l’univers des codes avec des chiffres et des lettres… et ses usages : pour commencer, écrivons Code avec une majuscule.
Tout de suite après, tordons le cou à une idée reçue : si la plupart des voiliers vous expliquent qu’un gennaker est plus creux (donc plus adapté à une navigation abattue) qu’un Code, cela arrange bien tout le monde, mais… un Code est un gennaker, à ceci près qu’il est considéré pour les jauges plus « naker » que « gen », c’est-à-dire qu’il est classé officiellement comme un spi.
Un peu d’histoire : le Code 0, resté le plus connu de sa famille, est apparu sur la Whitbread (course autour du monde en équipage avec escales) à la fin des années 90 pour contourner la réglementation et ajouter une voile plus puissante qu’un génois sans écoper d’un malus néfaste au rating. Cette voile s’est rapidement imposée dans le domaine de la course au large au début des années 2000 et, au-delà du « trou de jauge », s’est révélée aussi efficace que facile à manœuvrer à bords des voiliers de croisière – et tout particulièrement nos multicoques.
Qu’est-ce qu’un Code ?
Un Code est donc une voile d’avant non endraillée qui représente un intermédiaire, en termes de forme, entre un génois et un spinnaker asymétrique. Il est idéalement amuré sur un bout-dehors et son réa de drisse sera frappé le plus haut possible sur le mât. Le Code est d’ordinaire déployé à partir d’un emmagasineur, ce qui facilite son envoi, son affalage et bien sûr les opérations d’enroulement/déroulement. La plage d’utilisation optimum d’utilisation est de 70 à 110° du vent réel (de préférence faible à modéré). Un Code peut être porté aux allures plus abattues, mais son rendement est alors bien moins bon qu’un spi asymétrique, plus creux, et surtout bien plus grand. Le Code se prête plus facilement à un empannage qu’à un virement de bord classique, car, dans ce dernier cas, il conviendra de le rouler un peu avant de virer.
Le Code 0 et les autres…
Si l’appellation générique reste Code 0, les fabricants ont décliné cette voile dans différentes géométries afin de l’adapter à différents voiliers, notamment dans le domaine de la plaisance, et en particulier pour les multicoques. Résultat, on se retrouve avec nombre d’appellations qui sont principalement des dénominations commerciales, même si elles représentent des voiles un peu différentes.
Qui plus est, quasiment chaque fabricant y va de sa propre nomenclature.
A l’origine, le Code 0 considéré comme un spinnaker conservait un rapport largeur/hauteur de 75 % au minimum. Mais forcément, dans l’univers de la croisière, cet impératif peut disparaître, et c’est justement ce nouveau ratio qui apparaît chez North Sails avec des voiles moins creuses (Code 65 ou Code 55). D’autres fabricants, comme Quantum Sails ou Incidence, pour ne citer qu’eux, utilisent une numérotation simple (0, 1, 2, 3, 4, 5…). De manière générale, plus le numéro est petit, plus la voile est plate pour une plage d’utilisation avec angle de vent plus serré.
Un Code pour votre multicoque
En tout état de cause, avant de signer un bon de commande pour un Code, quelle que soit la version, il convient de contacter votre voilerie.
Ensemble, avec un spécialiste, vous allez prendre en compte les caractéristiques de votre multicoque – à commencer par sa longueur, son déplacement ou encore l’implantation du mât sur le pont.
Après les spécifications de votre catamaran ou trimaran, votre type de navigation va être essentiel. En effet, si vous faites simplement de la croisière familiale ou si au contraire vous aimez vous aligner sur quelques compétitions, votre voile sera différente.
Pour la plupart des multicoques de croisière, l’idéal est d’opter pour un Code intermédiaire – ni trop plat, ni trop creux – installé sur un emmagasineur. Une voile qui sera polyvalente, légère, et donc facile à manœuvrer.