Motorisation électrique
Dans le cadre de ce deuxième Hors-Série Forever Green largement consacré à la motorisation électrique, nous avons demandé à deux constructeurs de spécifier les avantages du montage en série, et ceux du montage en parallèle. Dans le premier cas, les composants du système (moteur, groupe électrogène, batteries) sont disposés librement, séparément ou pas. Dans le deuxième cas, le moteur électrique est couplé au moteur thermique et son alternateur, dans un unique compartiment – la cale moteur.
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Publié le
11/07/2023
Par
Norbert Conchin
Numéro :
HS20
Parution :
Jul.
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Aug.
2023
Pour le Montage en série
Hervé est, entre autres, l’un des principaux animateurs de l’Excess Lab, plate-forme de communication entre développeurs et utilisateurs mise en place à son arrivée au sein de la marque. Dans ce cadre, les nombreuses contributions postées sur l’Excess Lab témoignent de l’émulation et de l’intérêt croissants autour de la motorisation électrique. La demande d’un mode de propulsion plus propre pour les approches et manœuvres de port, la pétole ou le vent faible est grandissante. « La réduction des émissions de CO2, mais aussi celle du bruit et des odeurs, sont devenues, aux yeux des clients, incontournables pour améliorer le confort en navigation », nous précise Hervé. « Sur le papier, et pour un voilier qui ne navigue pas au moteur à plus de huit nœuds, la motorisation diesel-électrique montée en série nous semble la plus écologique. Avec un parc batteries bien dimensionné et la capacité de recharge conséquente par hydrogénération et solaire, les navigations dans la brise et par beau temps doivent réduire le recours au fossile au strict minimum. L’avantage de pouvoir répartir les composants séparément est un gage d’équilibre partant d’un multicoque déjà existant. Placer tout le poids sur l’arrière, comme dans le cas du montage en parallèle, serait rédhibitoire pour un voilier. Mais il n’est pas exclu qu’à l’avenir l’intégration de ce type de montage soit possible – déterminant dès la conception le centrage des poids. L’autre grande caractéristique qui nous est apparue avec le montage en série est de bénéficier d’une grande puissance énergétique pour le confort à bord, car chaque composant peut être dimensionné au choix. Ceci permet également de paramétrer la puissance en fonction du programme de navigation, et un générateur surdimensionné fournissant de l’énergie instantanée permettra par exemple de remonter face au vent ou de lutter contre un fort courant. La simplicité du système en série, moins complexe que celui en parallèle, nous paraît également un facteur important, notamment pour le SAV, qui se limite le plus souvent à une intervention sur le système de gestion électronique. Enfin, dernier point non négligeable, le coût de l’installation est pour l’instant moins onéreux que celui du système en parallèle. »
Pour le montage en parallèle
Cela concerne aussi les systèmes de propulsion, qui sont toujours hybrides diesel-électrique. Ces systèmes sont montés soit en parallèle, soit en série selon le programme défini par le client. Néanmoins, Boyd nous précise que : « Dans la mesure où nous proposons de véritables motor yachts, de nombreux clients souhaitent bénéficier d’une vitesse de pointe plus élevée (10-15 nœuds) et de la tranquillité d’esprit qu’offre un second système de propulsion diesel mécanique couplé directement aux arbres de transmission, et indépendant de la gestion hybride. Il offre également de nombreux autres avantages, comme la possibilité d’utiliser vos moteurs électriques pour les manœuvres en zones protégées et aussi en mode alternateur afin de recharger vos batteries durant la navigation au diesel. La compacité est aussi un autre avantage, puisque tout est groupé dans les cales moteurs, ce qui séduit les navigateurs au long cours.
Les inconvénients des systèmes hybrides en série ont tendance à être obsolètes à mesure que les systèmes électroniques sont devenus plus fiables. Alors que n’importe quel Capitaine disait encore tout récemment qu’il appréhende l’utilisation d’interfaces contrôlant la propulsion d’un navire ; de nos jours, ces inquiétudes ont tendance à se dissiper. Mais dans le pire des cas, si jamais quelque chose devait mal tourner avec vos batteries – ou entre vos batteries et les moteurs électriques –, il n’y a aucun moyen d’alimenter les moteurs directement avec vos générateurs, vous laissant à la dérive. Bien que cela soit devenu hautement improbable, c’est toujours une préoccupation qui pousse les Capitaines et les Propriétaires sur le départ de croisières hauturières à préférer une sauvegarde mécanique appropriée, comme la configuration en parallèle le permet. Pour des programmes moins ambitieux, nous étudions la configuration en série avec une source d’énergie encore plus respectueuse de l’environnement : l’hydrogène. Avec notre énergie solaire excédentaire, nous pouvons générer notre propre hydrogène par électrolyse, le stocker, puis utiliser des piles à combustible pour restituer dans les batteries en cas de besoin. »