Sur un catamaran à moteur, la révision moteur n’est pas une chose à prendre à la légère. Un mauvais entretien peut se solder par une avarie pendant vos vacances – toujours au plus mauvais moment, bien sûr… Sans compter qu’une intervention lourde ne sera pas prise en charge par la garantie si vous n’avez pas respecté les préconisations d’entretien. A garder à l’esprit également : on a affaire à bord d’un powercat à la grosse cavalerie, par comparaison avec la modeste motorisation d’un catamaran à voile de même taille : 2 x 280 à 370 CV pour des unités à moteur de 40 à 50 pieds, contre 2 x 30 à 55 CV pour les voiliers. Un moteur de powercat à remplacer est une opération très coûteuse : 32 000 € HT pour un des Yanmar 8LV – 320 présentés dans cet article, 7 000 à 8 000 € HT de pose et encore 5 000 € HT de frais de chantier (grutage, calage, stockage à terre, etc.), contre 11 000 € HT pour un Yanmar 4JH45 – SD60 et 2 500 à 3 000 € HT de pose. Et quant à la pose, justement, elle est envisageable sur le Leopard 43 PC pris en modèle ici grâce à des trappes ad hoc… Mais, à bord de nombreux powercats, un changement de moteur(s) se solde par une découpe du pont ou du bordé ! Une raison de plus pour assurer un entretien régulier. Les fabricants ont édité des protocoles d’entretien périodique : suivis à la lettre, ils permettront à vos moteurs de fonctionner toute la vie de votre powercat. Qu’on se le dise, ces moteurs sont très solides et peuvent passer les décennies sans encombre pour peu qu’on les bichonne. Toutes les 250 heures, une vidange moteur et inverseur, le remplacement des filtres (huile, gasoil, air), le changement de la turbine eau de mer et des courroies sont préconisés. Toutes les 500 heures, une plus grosse révision intègre le remplacement de toutes les durites, des échangeurs de refroidissement (air et eau) et des coudes d’échappement. Une révision standard de nos deux Yanmar de 320 CV coûte environ 1 400 € HT – soit le double ce celle d’une paire de 45 CV. La grosse révision, quant à elle, sera facturée 3 000 € HT.
Nous avons suivi la révision des deux Yanmar 8LV – 320 de ce Leopard 43 PC.
LA RÉVISION DES 250 HEURES EN 11 ÉTAPES
Nous avons assisté à une révision des 250 heures sur un Leopard 43 PC équipé de 2 x 320 CV Yanmar 8LV – 320 totalisant 750 heures. Ce powercat a été mis à notre disposition par Seaways Yachting, basé à Saint-Raphaël. Nous remercions vivement la société Motor Head Service à Puget-sur-Argens : ses mécaniciens se sont prêtés de bonne grâce à ce cours de mécanique.
1- Pour commencer, le matériel nécessaire est regroupé : courroies, filtres, consommables – sur un catamaran tout est dédoublé. Les liquides sont acheminés dans de gros bidons, car les contenances sont significatives.
2- Avant les opérations de vidange, les moteurs sont mis en chauffe. Comme on le constate ici, l’accès dans la cale – sous la couchette arrière – n’est pas des plus aisé. Un contrôle visuel permet de vérifier que les valves d’arrivée d’eau de mer ne sont pas bloquées.
3- On commence par le changement des filtres : préfiltre et filtre de gasoil, puis filtre à huile après avoir coupé l’alimentation de carburant
4- La vidange s’effectue avec une pompe spécifique par l’orifice de la jauge. 10 litres d’huile 5W40 sont nécessaires par moteur. Le remplissage s’effectue à l’aide d’un broc pour ne pas répandre de l’huile partout.
5- L’accès au bouchon de remplissage/ vidange de l’inverseur est particulièrement délicat, car situé à l’arrière du bloc moteur.
6- Le changement des filtres à air est assez facile. Ils sont en effet très accessibles, tout comme l’anode.
7- Le gros morceau de cette révision ? Le remplacement de la turbine à eau et de la courroie. On commence par la dépose du cache, avant de s’attaquer à la pompe à eau de mer
8- Sur ce bloc Yanmar, le démontage de la pompe à eau de mer est donc nécessaire. Une opération qui prend du temps, car cette pompe est peu accessible.
9- L’extraction de la turbine est une opération qui demande du savoir-faire. Sur un moteur comme celui-là, elle se glisse à 10 cm de profondeur. Une opération plus facile à exécuter sur le quai qu’en mer !
10- Une fois la pompe à eau de mer remontée sur le circuit, le remplacement de la courroie peut s’effectuer. Sur ce modèle, la tension s‘ajuste grâce à un tendeur automatique.
11- Remplacement du liquide de refroidissement : le 8LV – 320 contient 20 litres, qu’on vidange d’abord dans la cale. Un bon dégraissage de la cale, et c’est fini !